Le jeudi 24 mars, c'est dans les rues du Raincy en Seine-Saint-Denis que s'est rendu le Premier ministre Jean Castex. Un déplacement largement couvert par la presse durant lequel le pensionnaire de Matignon a enchaîné les tapes dans les dos et les distributions de tracts. Une manière d'œuvrer à la réélection d'Emmanuel Macron, quelques semaines à peine avant le premier tour de l'élection présidentielle.
Une sortie déplacée ? À en croire des messages relayés en ligne, Jean Castex n'avait pas à prendre part de cette façon à la campagne. La députée européenne du Rassemblement National Hélène Laporte a, par exemple, réagi en assurant que le chef du gouvernement devait en théorie "respecter la stricte neutralité politique depuis le 18 mars". Dans le même temps, des internautes se sont émus d'un message du ministre de la Santé Olivier Véran, donnant rendez-vous le 2 avril pour un meeting d'Emmanuel Macron. "Pas le droit pour un ministre de défendre un candidat à la présidentielle avant les élections", peut-on notamment lire sur les réseaux sociaux.
En tant que membres du gouvernement, les ministres sont-ils tenus de se faire discrets ? Les règles ont-elles changé le 18 mars dernier ? Pour faire le point sur la marche à suivre durant une période électorale, direction le site "Vie publique", qui se réfère notamment à une "circulaire du Secrétariat général du gouvernement en date du 10 février 2022". Qu'apprend-on ? Notamment qu'une "période de réserve" a débuté "à compter du 18 mars 2022". Et que "durant cette période de réserve, les membres du gouvernement doivent s'abstenir de tout déplacement dans l'exercice de leurs fonctions pour ne pas interférer sur la campagne électorale".
Pour autant, cela ne signifie pas que les ministres doivent rester chez eux en attendant le premier tour. Loin de là. "Cette règle n'interdit pas les déplacements des ministres en tant que personnalités politiques pour soutenir un candidat et participer à un meeting, mais il leur est interdit de le faire en qualité de ministres. Cela implique que leurs déplacements et leurs participations à des meetings soient réalisés sans utiliser de moyens publics (en particulier sur les questions des transports)." En clair, il est tout à fait possible pour Jean Castex de distribuer des tracts dans la rue, mais il doit pour cela utiliser des moyens mis à disposition par le parti politique En Marche, et ne pas mettre en avant sa qualité de Premier ministre lorsqu'il participe à la campagne. Il en va de même pour Olivier Véran, qui est tout à fait libre de soutenir le président de la République lors d'une réunion publique.
"Les mêmes règles s'appliquent pour les événements qui se tiennent par voie dématérialisée mais aussi pour les activités diplomatiques", précise vie-publique.fr. Notons que "les visites officielles de dirigeants étrangers en France restent possibles tout comme les déplacements à l'étranger dès lors qu'ils s'inscrivent dans l'action diplomatique de la France". De rares exceptions sont prévues et permettent de faire fi des règles en vigueur : en cas de "situation exceptionnelle" (crise sanitaire, attentat...) ou "d'événements dont les ministres ne maîtrisent pas les dates" (tels que des commémorations publiques), les membres du gouvernement peuvent intervenir en leur qualité...
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