Présidentielle : le PS risque-t-il la banqueroute si Anne Hidalgo n’atteint pas les 5% ?

LCI - 26/03
[VIDÉO] - À 15 jours du premier tour, Anne Hidalgo reste cantonnée à 2% d'intentions de vote. La candidate socialiste reste bien en deçà de la barre des 5% nécessaires pour obtenir le remboursement de ses frais de campagne. Pour survivre, le Parti socialiste pourra toutefois miser sur d'autres ressources.
L'essentiel

À 15 jours du premier tour, Anne Hidalgo reste cantonnée à 2% d'intentions de vote.

La candidate socialiste reste bien en deçà de la barre des 5% nécessaires pour obtenir le remboursement de ses frais de campagne.

Pour survivre, le Parti socialiste pourra toutefois miser sur d'autres ressources.

Le Parti socialiste peut-il survivre à un nouveau naufrage électoral ? Si la question est posée sur le plan politique, elle l'est également sur le plan financier. Une campagne électorale a un coût, dont le remboursement partiel par les deniers publics est étroitement lié au score réalisé par le ou la candidate. 

Selon nos derniers sondages Ifop Fiducial en vue du premier tour de l'élection présidentielle, prévu dans 15 jours, la candidate PS Anne Hidalgo est créditée de 2% des intentions de vote. Si ce score ne présume pas du verdict des urnes le 10 avril, le risque semble bien réel. La candidate reste loin de la barre des 5%, objectif désormais fixé, officieusement, par certains lieutenants. 

La condition pour un remboursement des frais de campagne

Pourquoi cet objectif des 5% de voix au premier tour ? S'il paraît modeste, il est financièrement impératif, surtout pour un parti engageant d'importants frais de campagne. 

Comme le rappelle la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) dans son guide à destination des candidats, le remboursement des dépenses électorales est fixé à 47,5% du plafond des dépenses électorales pour les candidats ayant recueilli au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour (près de 8 millions d'euros). Si un remboursement existe en dessous des 5%, il est réduit à 4,75% du plafond des dépenses électorales (près de 800.000 euros). 

Précision importante rappelée par la CNCCFP : le remboursement forfaitaire ne sera pas versé en cas de rejet des comptes de campagne en raison d'un dépassement de plafond ou d'une irrégularité. La Commission pourra également réduire le montant du remboursement "en fonction du nombre et de la gravité des irrégularités constatées", même si les comptes n'ont pas été rejetés. 

En 2017, le PS sauvé in extremis

Côté socialiste, la question s'était déjà posée il y a cinq ans, à l'aune de la campagne difficile de Benoît Hamon. D'autant que le PS, au pouvoir depuis 2012, avait vu large, avec un budget de campagne de 15,2 millions d'euros. 

À l'arrivée, Benoît Hamon était parvenu à engranger 6,3% des suffrages exprimés, un score historiquement faible pour le PS, mais au-dessus du seuil des 5%. Si le PS était sorti financièrement atteint par les deux scrutins de 2017, présidentiel et législatif, il avait ainsi évité le pire. 

La situation n'avait pas empêché des tensions sur le plan politique, certains responsables PS ayant réclamé des explications à Benoît Hamon pour sa campagne jugée trop gourmande. "Vous dépensez un argent qui ne vous appartient pas, qui appartient pour une part aux militants du PS, ou qui va être gagé sur le patrimoine du Parti socialiste. Donc, c'est la moindre des choses que de pouvoir venir s'expliquer en disant : 'Voilà ce que j'ai fait des sous'", critiquait Julien Dray, l'un des ténors socialistes.

Le PS a été contraint d'engager, après 2017, un vaste plan d'économies pour combler un déficit creusé, en l'occurrence, bien avant la candidature de Benoît Hamon. L'une des opérations les plus emblématiques fut la vente de son siège historique, rue de Solférino, en 2018. À l'exercice 2020, le parti a ainsi "limité" son déficit à 3,7 millions d'euros, selon les chiffres publiés en février 2022 par la CNCCFP. 

Vers un dépôt de bilan, vraiment ?

En 2022, le PS pourrait se retrouver dans une situation politique pire encore qu'en 2017, si l'on en croit les projections dans les sondages. Faut-il pour autant en déduire que le parti de Jaurès pourrait disparaître du fait de sa situation financière ? Pas forcément. 

Dans le cadre de la campagne, la fragilité des ressources a certes conduit la direction du PS à solliciter les fédérations...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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