L'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy a franchi le Rubicon. Il soutient une réélection d'Emmanuel Macron depuis février. Dans Le Point, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale défend le projet présidentiel dévoilé malgré les critiques sur son sérieux budgétaire. Et justifie son ralliement tardif alors que Valérie Pécresse semble à la traîne dans les sondages.
Le Point : Le projet budgétaire d'Emmanuel Macron prévoit 35 milliards de dépenses supplémentaires. Il mise sur la baisse du chômage et la croissance pour faire reculer le déficit public. Ce n'est pas un programme très rigoureux…
Éric Woerth : Il y a, c'est vrai, un pari sur l'avenir. J'ai la conviction que la souveraineté financière conditionne beaucoup notre futur. Mais j'ai aussi la conviction que nous devons changer, à l'aune des crises que le monde traverse, la manière de traiter ce sujet : toute vision exclusivement comptable aboutira à aggraver le mal qu'elle prétendait soigner. Le monde a été profondément secoué par le Covid et par la guerre en Ukraine. Cela entraîne des recompositions fondamentales. Le monde et nos vies vont changer. On ne peut donc pas se lancer dans une campagne présidentielle avec comme seul leitmotiv de redresser les finances publiques ! Dans cette nouvelle période, nous faisons face à un mur d'investissements à financer : investissements en défense, en recherche fondamentale, pour la transition écologique, numérique et alimentaire… Ne nous voilons pas la face : ce mur sera, en partie, franchi grâce à des fonds publics. Il va falloir digitaliser massivement les services publics, dans la santé et à l...
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