Ses déclarations avaient suscité une levée de boucliers dans l'entourage du président sortant. Alors qu'Emmanuel Macron est toujours donné favori dans les sondages, au fil d'une campagne perturbée par le déclenchement de la guerre en Ukraine, le président du Sénat Gérard Larcher a accusé le chef de l'État de tenter d'"enjamber l’élection et considérer que ce scrutin n’est qu’une formalité", dans les colonnes du Figaro, le 14 mars dernier. "S’il n’y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera", avait-il avancé.
Des propos que le chef de la Chambre Haute a assumé ce jeudi dans l'Interview politique, sur LCI, tout en précisant sa pensée.
"J'ai le respect absolu des institutions, de la fonction présidentielle et du suffrage universel", a-t-il tenu à souligner. Il a assuré maintenir cette déclaration mais la vouloir "complète", puisqu'il avait précisé au journal que "le 10 et le 24 avril, les Français choisiront et leur décision s'imposera à tous".
Cette sortie avait donc surtout vocation à appeler l'actuel président à s'investir dans la campagne sans pour autant remettre en doute la légitimité de son investiture, s'il venait à être réélu, ni "la démocratie et les institutions, dont présidentielle", a argué ce soutien de Valérie Pécresse. "Cela a été une forme d'électrochoc, ce n'était pas inutile dans cette campagne", a-t-il ajouté, à l'heure d'une légère perte de vitesse d'Emmanuel Macron dans les sondages ces derniers jours, après avoir creusé l'écart avec ses rivaux suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.
Si le candidat marcheur reste toutefois favori, donné avec une dizaine de points d'avance sur sa première concurrente Marine Le Pen, Gérard Larcher l'enjoint à ne pas se reposer sur ses lauriers. "Il y a une responsabilité à conduire la campagne, à confronter les bilans, à parler des projets. Parce que dans quelques mois, quand nous serons face aux difficultés, en matière de pouvoir d'achat, de réforme, des conséquences de la crise en Ukraine, il faudra être fort", a-t-il argumenté. "Mon devoir, c'était de le rappeler", a-t-il fermement réaffirmé.
Le chef des sénateurs a notamment reproché au président sortant de ne pas s'être rendu devant le grand oral organisé le 15 mars dernier par des associations d'élus locaux, l'Association des maires de France, l'Assemblée des départements de France et Régions de France. "Nous avons appris subrepticement au cours de la campagne, auprès d'un rapporteur général, qu’il était envisagé de ponctionner au moins 10 milliards sur le budget des collectivités territoriales", a-t-il déclaré. "Est-ce-que la campagne n’est pas l’occasion de dire ce qu’on propose de faire ?"