Les aéroports du pays sont tous fermés depuis le 24 février. Il faut donc franchir par la route la frontière entre la Pologne et l'Ukraine, vendredi 11 mars. Après le poste-frontière de Hrebenne se dressent les premiers checkpoints, où des civils ukrainiens en armes surveillent les allées et venues des véhicules et contrôlent parfois les identités. Il reste 70 kilomètres pour atteindre la ville de Lviv – encore épargnée par le conflit à ce moment-là – où se sont repliées la plupart des ambassades occidentales.
À la gare de cette "capitale culturelle" de l'Ukraine, des écriteaux "cars gratuits vers la Pologne", vestiges des scènes de panique de la première semaine du conflit, sont encore visibles. Devant l'Opéra national, des familles se prennent en photo. Sur les murs, des affiches encouragent les citoyens à résister à l'invasion russe. L'alcool est interdit et le couvre-feu commence à 22 h.
#Ukraine️ Sur les affiches de guerre, dans la belle ville de #Lviv au passé autrichien et polonais, la #Russie est un ours aux genoux brisés ou un aigle impérial bicéphale aux têtes coupées pic.twitter.com/RacF924ybO
— David Gormezano (@dgormezano) March 12, 2022
Sur la route en direction de la capitale, la plupart des stations-service sont approvisionnées en carburant. Camions et véhicules traversent sans encombres le centre du pays, ces "terres noires" ukrainiennes, grenier à blé de l'Europe. À l'approche de Kiev, nous rejoignons une route longeant le Dniepr, le grand fleuve qui traverse l'Ukraine du nord au sud. Là, le trafic se raréfie, les contrôles aux barrages se font beaucoup plus insistants, les habitants craignant des infiltrations d'agents russes. Tout visage ou véhicule inconnu paraît suspect. Dans une ambiance lugubre, nous entrons dan...
[Courte citation de 8% de l'article original]