Présidentielle : comme François Fillon en 2017, Eric Zemmour reprend la théorie du "vote caché"

LCI - 22/03
[VIDÉO] - Depuis plusieurs jours, Eric Zemmour et ses soutiens avancent l'hypothèse d'un "vote caché" en sa faveur, expliquant que les instituts de sondage le sous-estiment. Une théorie avancée en 2012 par Nicolas Sarkozy et en 2017 par François Fillon. Dans ces deux cas, les sondages avaient toutefois vu clair sur l'issue du premier tour.
L'essentiel

Depuis plusieurs jours, Eric Zemmour et ses soutiens avancent l'hypothèse d'un "vote caché" en sa faveur, expliquant que les instituts de sondage le sous-estiment.

Une théorie avancée en 2012 par Nicolas Sarkozy et en 2017 par François Fillon.

Dans ces deux cas, les sondages avaient toutefois vu clair sur l'issue du premier tour.

Si les sondages sont hauts, c'est une preuve de la dynamique en cours. S'ils sont bas, c'est qu'il y a un loup. La relation entre les candidats et les instituts de sondage est souvent complexe, surtout quand ils traversent un trou d'air. 

En témoigne la récente évolution sondagière d'Eric Zemmour, qui stagne autour de 12,5% d'intentions de vote après un fort repli qui a coïncidé avec le début du conflit en Ukraine. Selon notre baromètre quotidien Ifop Fiducial pour LCI, Paris Match et Sud Radio, le candidat retrouve son niveau du 10 janvier, loin du pic à 16,5% qu'il avait connu le 18 février, mettant à mal l'idée d'une "dynamique" de campagne défendue par ses équipes. 

IFOP

Depuis plusieurs jours, l'ancien polémiste et ses soutiens relayent sur Twitter le hashtag #votecache, faisant réapparaître une théorie déjà avancée lors des campagnes précédentes. Eric Zemmour l'a notamment employé pour annoncer son meeting du Trocadéro, à Paris, le grand rassemblement de fin de campagne qu'il organise le 27 mars. 

L'hypothèse d'une sous-estimation dans les sondages

L'idée est simple et ancienne. Au-delà de la traditionnelle critique à l'égard des instituts de sondage, le "vote caché" fait référence au comportement de certains électeurs, qui refuseraient ou n'oseraient pas afficher ouvertement le soutien à un candidat lors des enquêtes d'opinion, induisant une sous-estimation du candidat. Chez les soutiens d'Eric Zemmour, on invoque, à l'appui, les meetings qui font salle comble et la résonance du candidat sur les réseaux sociaux. 

"La journée du dimanche 27 mars sera décisive pour l’élection présidentielle : ce sera une révélation et une démonstration de force", a notamment estimé, ce mardi, Philippe de Villiers, soutien du candidat. "Ce sera la révélation de la France du vote caché."

Les réseaux de soutien du candidat ont notamment fait référence à Qotmii, une application mobile dont la maison mère, une société canadienne, est spécialisée "dans l'analyse des émotions", établissant des cotes de réputation pour de nombreuses personnalités, dont les responsables politiques français. L'application dit faire appel à "l'intelligence artificielle" pour classer le "potentiel électoral" des candidats dans un ordre qui diffère des instituts de sondage, plaçant Emmanuel Macron en tête (21%) devant Eric Zemmour (17,4%) et Marine Le Pen (16,4%). Des résultats qui prouveraient, selon les soutiens de l'ancien polémiste, que les sondages font erreur en classant Eric Zemmour en 4e position. 

Une théorie déjà employée en 2017 par François Fillon

Parallèle intéressant. Il y a cinq ans, en mars 2017, le candidat de la droite François Fillon, en difficulté dans les sondages, organisait lui aussi un grand rassemblement sur la place du Trocadéro. Et ses équipes dénonçaient en amont les instituts de sondage, accusés de dissimuler un "vote caché" en sa faveur. "Il y a un vote caché en faveur de François Fillon", clamait ainsi Valérie Boyer (LR). "Nous le constatons sur le terrain."

Les soutiens de François Fillon avançaient alors leurs propres chiffres, s'appuyant en particulier sur la mesure Filteris, du nom d'une société canadienne qui s'était fait un nom au cours de la campagne victorieuse de Donald Trump, en 2016, en évaluant "le poids numérique des candidats", à l'aune du buzz et de la perception générés par ces derniers. "Les mesures de Filteris fournissent une approche complémentaire qui permet de détecter plus rapidement les dynamiques, la performance de la campagne, mais on ne peut pas déduire de ces éléments des intentions de vote", nous expliquait à l'époque une responsable de l'institut Kantar Public, rappelant que le...
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