Agression d'Yvan Colonna : le parquet antiterroriste demande une requalification de l'enquête

LCI - 22/03
[VIDÉO] - Le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis une requalification de la mise en examen de l'agresseur d'Yvan Colonna. Franck Elong Abé avait été mis en examen pour "tentative d'assassinat terroriste". Le PNAT demande à présent la qualification d'"assassinat en relation avec une entreprise terroriste".
L'essentiel

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis une requalification de la mise en examen de l'agresseur d'Yvan Colonna.

Franck Elong Abé avait été mis en examen pour "tentative d'assassinat terroriste".

Le PNAT demande à présent la qualification d'"assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Après le décès lundi du militant indépendantiste corse Yvan Colonna, le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis une requalification de la mise en examen de son agresseur en "assassinat en relation avec une entreprise terroriste", a-t-il annoncé mardi, sollicité par l'AFP.

Franck Elong Abé, un Camerounais de 36 ans qui purgeait plusieurs peines, dont une de neuf ans d'emprisonnement pour "association de malfaiteurs terroriste", avait été mis en examen le 6 mars 2022 pour "tentative d'assassinat terroriste" début mars. Le parquet antiterroriste a pris mardi un réquisitoire "supplétif du chef d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Franck Elong Abé bientôt convoqué

Mis en examen et placé en détention à l'issue de sa garde à vue, Franck Elong Abé doit être convoqué prochainement par le juge d'instruction chargé de cette enquête en vue de l'éventuelle modification de la qualification de sa mise en examen.

L'agresseur d'Yvan Colonna avait justifié son acte par le fait que le militant corse aurait blasphémé et "mal parlé du prophète". Yvan Colonna aurait notamment dit : "Moi je crache sur Dieu". Il s'était acharné sur le Corse de 61 ans. Hospitalisé dans un état très grave le jour des faits à Arles, Yvan Colonna avait été admis dès le lendemain à l'hôpital de Marseille. Plongé dans un état post-anoxique, il n'a pas survécu à ses blessures.

L'agression d'Yvan Colonna avait suscité de vives tensions en Corse avec des manifestations parfois violentes, à travers toute l'île, et ce pendant près de deux semaines, derrière un mot d'ordre largement partagé d'"Etat français assassin". Cette colère était notamment motivée par la longueur de l'agression d'Yvan Colonna, près de huit minutes, sous le regard d'une caméra de surveillance, sans qu'aucun surveillant ne vienne intervenir. C'est l'agresseur lui-même qui avait alerté les gardiens, expliquant que Colonna avait "fait un malaise".

Le président Emmanuel Macron a appelé sur France Bleu mardi "au calme et à la responsabilité" en Corse, parce que "dans ce contexte, le plus important est que le calme se maintienne, que les discussions se poursuivent", a-t-il souligné en assurant que des "conséquences" seraient "tirées".

A.S

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