«S'il n'y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera. Notre pays fracturé, endetté et confronté à de multiples problèmes a besoin de ce débat.» Tels étaient les mots du président Les Républicains du Sénat dans un entretien au Figaro, le 14 mars. Et Gérard Larcher poursuivait en affirmant que «le président de la République veut être réélu sans jamais avoir été réellement candidat, sans campagne, sans débat, sans confrontation d'idées. Tous les candidats débattent sauf lui. C'est un paradoxe!»
Ainsi, en quelques phrases et alors que la guerre lancée par Vladimir Poutine contre l'Ukraine domine l'actualité mondiale, le deuxième personnage de l'État (en cas de vacance de la présidence de la République au terme de l'article 7 de la Constitution) ou le troisième (dans l'ordre protocolaire, selon le décret n° 89-655 du 13 septembre 1989) jetait un trouble, sinon un doute, sur la légitimité du futur ou de la future locataire de l'Élysée. La seconde partie de sa déclaration montrait qu'il visait en priorité une personnalité: Emmanuel Macron, président sortant encore en exercice, et candidat à sa réélection.