Tout juste délestés de la plupart des contraintes sanitaires, les Français pourront-ils échapper ces prochaines semaines à une énième vague de Covid-19 ? Après le rebond des contaminations et du taux d'incidence observé dès le début du mois de mars, ce qui préoccupe désormais s'avère les nouvelles entrées à l’hôpital qui se stabilisent, selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé publique France. "Depuis deux jours, le nombre d'hospitalisations ne baisse plus", a ainsi relevé lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans Le Parisien.
"Les entrées à l'hôpital augmentent à nouveau depuis huit jours et les arrivées en réanimation sont à peu près stables, tout comme le nombre de décès. Ce qui veut dire que ça ne baisse plus", s'est de son côté inquiétée l'épidémiologiste Catherine Hill dans L'Express, preuve selon elle que "l'épidémie est en train de repartir."
C'est aussi la crainte du Professeur Rémi Salomon, pédiatre à l’hôpital Necker à Paris et président de la Commission médicale d'établissement de l'AP-HP, qui s'appuie sur l'exemple de certaines régions. "En Bretagne, ça remonte vraiment" en termes d'admissions, a-t-il alerté ce lundi sur RMC avant d'évoquer "un risque d’avoir une nouvelle vague à l’hôpital" qui devrait toutefois être "moins importante que les précédentes".
Pour le virologue Etienne Decroly, également sollicité par L'Express, "la répercussion sur l'hôpital dépendra de l'importance de la vague en termes de contaminations et de l'intensité du pic." Mais le directeur de recherche au CNRS se veut catégorique sur un point : "le printemps sera associé à une nouvelle vague". Selon lui, "on entre actuellement dans une nouvelle vague liée à la croissance du variant BA.2 d'Omicron, quand la précédente était liée au variant BA.1. C'est le remplacement d'un variant par un autre. Le BA.1 a épuisé son réservoir, donc un nouveau apparaît avec la capacité d'échapper au contrôle humain. On va vivre une nouvelle vague avec, selon les projections de l'Institut Pasteur, un pic à la fin du mois de mars ou début du mois d'avril."
"Aucun indicateur n'est au vert pour ce début de printemps 2022", estime également Antoine Flahault, professeur de santé publique à l'université de Genève et directeur de l'Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève, pour qui "le port du masque en lieux clos n'aurait quant à lui jamais dû être levé, car les indicateurs sanitaires ne sont jamais redescendus à un niveau le permettant en toute sécurité". En conséquence, explique-t-il, "l'Europe entre dans une nouvelle vague de la pandémie, si l'on admet qu'une vague c'est la conjonction d'une augmentation simultanée des contaminations et des formes sévères qui conduisent à des hospitalisations et des décès en excès."
Mais alors, nouvelle vague ou simple prolongement de la cinquième ? "Dire si on entre dans une sixième vague est une question d'appréciation", tranche Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l'Académie nationale de médecine, même si "les courbes épidémiques ressemblent davantage pour l'heure à un rebond de la cinquième vague, qui n'est jamais redescendue totalement au point mort". Pour autant, ce dernier ne manque pas de signaler les spécificités du variant BA.2, classé "préoccupant" par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au même titre que BA.1. "Nous assistons donc à une recrudescence épidémique avec un variant qui s'a...
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