"On perd un frère de jeu, quelqu'un qui aimait la vie." C'est par ces mots que Dimitri Yachvili, l'ancien emblématique demi de mêlée du XV de France, a partagé sa peine après la disparition soudaine de Federico Martin Aramburu, son ancien partenaire au Biarritz Olympique. "Il aimait jouer au rugby, il aimait la troisième mi-temps, il aimait les copains et sa famille", a raconté l'ancien Biarrot à Sud-Ouest, se souvenant d'une "belle personne", d'un "formidable coéquipier", "toujours positif, plein d'entrain, plein d'énergie". "C'était un mec comme on les aime, espiègle, toujours à te brancher en souriant", a-t-il soutenu.
"C'était le gars parfait, qui rassemblait autour de lui, et, qui plus est, père de trois enfants", a déploré auprès de France Bleu Pays basque Nicolas Brusque, qui a évolué avec lui au BO. "Tous ceux qui l'ont connu et côtoyé auront les mêmes mots, c'était la gentillesse même." C'est d'ailleurs le qualificatif qui revient le plus dans la bouche de ceux qui ont fréquenté l'ex-international argentin, tué par balles à Paris à la sortie d'un bar, dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 mars. "Il se pliait toujours en quatre pour les autres, avec tellement de bienveillance", a assuré à Sud-Ouest Jérôme Thion, un de ses anciens coéquipiers.
Partout où il est passé, il a fait l'unanimité
Philippe Bidabé, ancien trois-quarts aile ou centre à Biarritz
"Avec beaucoup de mecs qui ont joué à Biarritz, on a perdu un ami", a regretté Maxime Lucu, demi de mêlée de l'UBB, qui était resté proche de "Fédé" après son passage au Pays basque. "C'était quelqu'un de très gentil", a-t-il ajouté, le cœur partagé entre la tristesse liée à l'assassinat de l'ancien trois-quarts et la joie d'avoir remporté le Grand Chelem avec le XV de France face à l'Angleterre (25-15), le soir même, rencontre à laquelle son ami devait assister depuis les tribunes du Stade de France.
Tout au long du week-end, les hommages ont afflué pour saluer la mémoire de Federico Martin Aramburu. "Il était toujours jovial, toujours prêt à jouer, toujours avec le sourire. Il avait une très grande générosité sur et en dehors du terrain. Avec lui, même quand ça n'allait pas, ça allait bien : il était solaire dans le vestiaire", a décrit au quotidien régional l'ancien international tricolore, Julien Peyrelongue. "C'était une leçon de vie." "Partout où il est passé, que ce soit à Biarritz, Dax ou Perpignan, il a toujours fait l'unanimité", a affirmé Philippe Bidabé, qui a joué avec l'Argentin dans la ligne de trois-quarts du BO.
Sur le terrain, il donnait tout
Dimitri Yachvili, ancien demi de mêlée de Biarritz et du XV de France
Retiré des terrains depuis 2012, "Fédé" a fait la majeure partie de sa carrière en France. C'est au Biarritz Olympique, son club où il gardait des attaches et sa ville où il habitait toujours, qu'il a connu son heure de gloire. Débarqué en 2004 de son pays natal, après avoir fait ses débuts à San Isidro, dans la mégalopole de Buenos Aires, le rugbyman d'1,83m pour 87 kilos s'est vite imposé au BO, qui jouait les premiers rôles en Top 14. "Sur le terrain, il n'avait pas des moyens physiques énormes, mais tu pouvais toujours compter sur lui, car il donnait tout", a expliqué Dimitri Yachvili. Quelqu'un de "très généreux sur le terrain, qui ne lâchait jamais rien", a garanti Julien Peyrelongue. "J'aimais bien utiliser le terme 'avec qui on pouvait aller à la guerre'."
Du Pays basque, il est reparti les bras chargés de deux bouclier...
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