Être juif à Toulouse, dix ans après l'attentat de Mohammed Merah

Johanna Cincinatis - Slate FR - 19/03
Dix ans après la tuerie qui a fait quatre morts dont trois enfants à l'école juive d'Ozar Hatorah de Toulouse, peut-on trouver un sens à ce qui dépasse l'entendement? Pour la communauté juive, la foi a ses raisons que la raison ignore.

Il est presque 8h du matin quand les élèves de l'école juive Ozar Hatorah passent le portail d'entrée de leur établissement, ce lundi 19 mars 2012. Au même moment, Mohammed Merah, le tueur au scooter, se dirige vers ce collège-lycée où il tuera Jonathan Sandler, ses deux enfants, Gabriel et Arié, 3 et 5 ans, et Myriam Monsonego, âgée de 8 ans. L'attentat antisémite dans ce lieu sacré qu'est l'école signe le début d'une série noire qui visera spécifiquement les communautés juives –de Bruxelles avec le Musée juif en 2014 et de Paris avec l'Hypercacher en 2015.

Expliquer le drame

Après les attentats, dans l'école juive d'Ozar Hatorah (qui fut ensuite renommée Ohr Torah, la «lumière de la Torah» en hébreu), c'est la sidération qui prédomine. Une cellule de crise est mise en place par le rectorat de Toulouse avec un soutien psychologique proposé aux enseignants, aux parents et aux enfants.

«On n'a même pas cherché le pourquoi, c'est en dehors de tout entendement.»
Noémie, directrice de l'école Gan Rachi

Noémie* est aujourd'hui directrice de la maternelle-primaire Gan Rachi, pendant du collège-lycée Ozar Hatorah. Sa fille Maya était dan...
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