"L'épidémie n'est pas terminée !" C'est l'alerte émise par le Conseil scientifique, dans son dernier avis sur la situation pandémique en France. Depuis lundi 14 mars, les restrictions pour endiguer la propagation du Covid-19 ont été fortement allégées. Il n'est plus obligatoire d'être masqué sur son lieu de travail ou de devoir présenter un pass vaccinal valide pour se rendre dans un lieu accueillant du public. Or, il est nécessaire de rester vigilant.
Dans cette note d'alerte, intitulée "La 5e vague liée aux variants Omicron n'est pas terminée, mais reste contrôlée" et transmise à la presse mardi 15 mars, le Conseil scientifique indique que l'épidémie "se poursuit avec une circulation virale encore élevée avec plus de 50.000 nouveaux cas diagnostiqués par jour et un taux d'incidence autour de 630 cas pour 100.000 personnes par semaine." Il liste plusieurs facteurs pouvant expliquer l'augmentation du nombre de contaminations quotidiennes.
Parmi lesquelles : le relâchement des mesures de protection et des comportements individuels, l'impact du sous-lignage BA.2 du variant Omicron, plus transmissible que le BA.1 et devenu dominant en France (plus de 50% des nouveaux cas), le déclin de l'immunité protectrice au sein de la population, le climat hivernal ou encore les rentrées scolaires successives. "Le nombre d'hospitalisations augmentera de façon transitoire dans les semaines qui viennent", prévient le Conseil scientifique.
"Alors que les autorités ont fait plusieurs annonces qui vont conduire à alléger les mesures de protection, on observe une relative stagnation, voire un rebond avec un niveau encore élevé de l’épidémie, et ce dans un contexte de banalisation de l'épidémie dans la société", poursuit le groupe de travail, qui juge que "le Covid-19 est passé au second plan" en raison de la guerre en Ukraine. "Rappelons qu'environ 18.000 décès ont eu lieu en France depuis le 15 décembre 2021 (dont une partie importante est liée aux variants Omicron, variants dit peu sévère), et ce, avec une certaine forme de banalisation et d'indifférence", insiste-t-il.
Face à la crainte de "la banalisation", le Conseil scientifique préconise "d'insister sur l'importance de la conservation des mesures de protection chez les plus âgés, fragiles, et immunodéprimés". "Il s'agit entre autres de la vaccination, du port du masque, notamment dans les lieux fermés, de l'aération des locaux (purification de l'air dans les locaux fermés), et de l'hygiène des mains", précise-t-il dans ses propositions à rappeler à la population. "Ces mesures doivent pouvoir être conservées à titre individuel, pour ceux qui le souhaitent, pour se protéger ou protéger les plus fragiles, sans ostracisation."
Les experts appellent à "accélérer la vaccination des enfants de 5 à 11 ans avec facteur de risque médical". Seuls 20% d'entre eux sont vaccinés. Pour les publics soumis à l'immunosénescence, c'est-à-dire une perte progressive de l'immunité avec le temps, les scientifiques recommandent la mise en place d'une 4e dose vaccinale. Cela concerne les résidents d'Ehpad et les patients âgés de plus de 80 ans, avec un possible élargissement aux plus de 65 ans, "en particulier ceux avec des facteurs de risque". En revanche, "pour les populations plus jeunes, non à risque, une 4e dose de vaccin n'est pas indiquée".
Pour les patients infectés à risque de développer une forme sévère, le Conseil scientifique recommande de "faciliter l'accès précoce au traitement...
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