VIDÉO - Jean-Jacques Annaud : "Pour moi 'Notre-Dame Brûle' est un film de suspense"

LCI - 15/03
[VIDÉO] - Dans "Notre-Dame Brûle", Jean-Jacques Annaud fait le récit de l’incendie de la cathédrale heure par heure. Une reconstitution réaliste, spectaculaire mais aussi burlesque par instants. Le cinéaste dit tout de ce projet fou à TF1info dans cet entretien à bâtons rompus.
L'essentiel

Dans "Notre-Dame Brûle", Jean-Jacques Annaud fait le récit de l’incendie de la cathédrale heure par heure.

Une reconstitution réaliste, spectaculaire mais aussi burlesque par instants.

Le cinéaste dit tout de ce projet fou à TF1info dans cet entretien à bâtons rompus.

C’est un homme de défi. Depuis le début de sa carrière, Jean-Jacques Annaud a fait de chacun de ses films un événement. Une occasion de se réinventer aussi. La Guerre du Feu, Le Nom de la rose, L’Ours, L’Amant… Des succès et des films tous différents les uns des autres. Après s’être essayé à la mini-série avec l’adaptation de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, il revient au grand écran avec Notre-Dame Brûle, le récit haletant de l’incendie de la cathédrale la plus célèbre du monde. Et du combat des pompiers de Paris pour la sauver des flammes. Un projet fou que ce passionné de 78 ans a raconté à TF1info avec enthousiasme et humour.

Êtes-vous impatient que le public découvre enfin ce film dont on a déjà beaucoup parlé ? 

C’est une bonne question et à vrai dire oui, je suis content ! Ça me fait plaisir d’inviter "mes amis" à le découvrir. Parce que c’est comme ça que je considère les gens qui sont allés voir mes films au bout d’un certain temps. J’ai l’impression de les connaître parce qu’ils me parlent de ce que j’ai fait pour eux. Et eux me connaissent aussi à travers mes films. J’ai un rapport très profond avec ce public qui me fait l’honneur de se déplacer pour voir ce que j’ai "tripatouillé" pendant des années. Pour essayer de leur apprendre quelque chose. Pour essayer de les faire rêver aussi. 

Je ne suis pas du tout religieux, je suis même complètement athée. Mais j’aime les lieux de culte. Quels qu’ils soient

Jean-Jacques Annaud

Avez-vous tourné Notre-Dame Brûle avec autant de passion que votre tout premier film, La Victoire en chantant, en 1976. Voire plus encore ? 

Avec moins d’inquiétude ! Ce qui est très très agréable, c’est de sentir qu’on maîtrise. En toute paix. Là, depuis un certain nombre de films, quand je suis sur le plateau, c’est tellement agréable. Parce ça me semble facile. Plus c’est compliqué, plus ça me semble facile ! J’ai quand même des dizaines d’années d’expérience. À vrai dire je suis metteur en scène depuis l’âge de 19 ans et demi. Ça va donc bientôt faire 60 ans que je ne fais que ça !  Et j’adore être sur un plateau. Placer cinq caméras, avoir des grues, des drones, c’est ma vie. Et j’ai des gens autour de moi qui sont formidables. Qui sont heureux de travailler sur les projets impossibles que je leur propose ! Donc c’est complètement réjouissant.

C’est vrai que vous étiez sans télévision le jour de l’incendie 

Oui ! J’étais partie dans une petite maison où je ne vais pas souvent et la télé ne marchait pas. Je voulais regarder l’interview de Macron, on était en pleine crise des Gilets jaunes, et rien à faire : je m’étais mis à quatre pattes, j’avais essayé tout un tas de trucs mais ça ne marchait pas. J’ai sorti une vieille radio et au moment où j’allume, j’entends qu’il y a de la fumée qui sort de Notre-Dame ! Moi, Notre-Dame, je connais par cœur. Lorsque je suis à Paris, j’habite à 150 mètres. Et en y réfléchissant bien, c’est la cathédrale qui a fait que, enfant, j’ai développé une passion pour le Moyen-Âge. J’ai même passé un certificat de licence d’histoire du Moyen-Âge ! J’ai photographié des cathédrales et des églises toute mon enfance. C’est bizarre, j’ai même un peu honte de le dire, mais aller jouer au ballon dans la rue avec mes copains, ça me faisait chier ! En revanche faire quatre heures de marche pour aller photographier une chapelle en haut de la vallée de la Maurienne, ça me passionnait ! Je revenais avec une image. Et ça me faisait rêver. Pourtant je ne suis pas du tout religieux, je suis même complètement athée. Mais j’aime les lieux de culte. Quels qu’ils soient. Quand j’ai fait Sept ans au Tibet, j’étais totalement transformé quand je rentrais dans un monastère avec tous ces moines en rouge qui chantaient les chants tantriques… ça me donnait des frissons ! Or je n’ai pas ce frisson quand je visite de beaux bâtiments qui d'un point de vue architectural sont probablement égaux.

Tout ce qui était vrai était tellement invraisemblable que ça en devenait comique. Et c’est une dimension que j’ai voulu préserver

Jean-Jacques Annaud

Notre-Dame Brûle, c’est un film mystique ? 

Il n’y a pas la volonté, en tout cas. Mais tout simplement quand vous filmez un lieu sacré, il y a quelque chose d’autre qui se passe. Si vous filmez dans un supermarché, c’est difficile de trouver la spiritualité ! Même s...
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