Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième semaine de conflit et que les bombardements se poursuivent de manière incessante, semblant viser sans distinction civils comme forces armées, les accusations de potentielle utilisation d'armes chimiques émanent des deux camps.
Les États-Unis ont effectivement affirmé, mercredi 9 mars, que la Russie et la Chine répandaient "intentionnellement" des "mensonges" sur de prétendus laboratoires américains d'armes biologiques et chimiques en Ukraine. Cette accusation a été réitérée par le ministère russe de la Défense, jeudi, et Moscou a, dans la foulée, convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU à ce propos, vendredi.
Si lors d'une audition parlementaire, la numéro trois de la diplomatie américaine, Victoria Nulan, a reconnu que l'Ukraine disposait "d'installations de recherche biologique", elle a nié tout "plan" ukrainien visant à utiliser "des armes biologiques dans le pays avec la coordination de l'Otan". Le premier ministre ukrainien a également dénoncé les accusations. "Personne ne développe une quelconque arme chimique ou de destruction massive sur mon territoire", a-t-il déclaré dans une adresse à la nation, vendredi.
Avez-vous décidé de procéder à une dé-chimisation de l'Ukraine ?
Volodymyr Zelensky
Les États-Unis, comme le Royaume-Uni, ont parallèlement fait part de leur crainte que des armes biologiques soient utilisées par la Russie. "C'est une technique russe classique que d'accuser les autres de ce qu'ils envisagent de faire eux-mêmes", a dénoncé Victoria Nuland, qui a été rejointe sur ce point par le Premier ministre britannique, Boris Johnson.
"Ils (les Russes) commencent par dire qu'il y a des armes chimiques qui ont été stockées par leurs opposants ou par les Américains. Et donc quand eux-mêmes déploient des armes chimiques, comme je crains qu'ils le fassent, ils ont une sorte de maskirovka" - terme russe qui désigne l'art de tromper l'ennemi - "une fausse histoire toute prête", a déclaré Boris Johnson sur Sky News, jeudi.
Le président ukrainien a lui aussi dénoncé les tentatives, de la part de la Russie, de faire de l'Ukraine l'agresseur, alors même que le pays fait face à une offensive russe menée par des dizaines de milliers de soldats depuis le 24 février. "Qu'est-ce que ça veut dire, qu'on nous accuse de préparer des attaques chimiques ? Avez-vous décidé de procéder à une dé-chimisation de l'Ukraine ? Avec quoi ? Avec de l'ammoniac ? Avec du phosphore ? Qu'avez-vous préparé d'autre pour nous ?", s'est exaspéré jeudi, en russe, Volodymyr Zelensky dans son adresse à la nation. L'invasion de l'Ukraine a été justifiée par le Kremlin par une volonté de "dénazifier" et de "démilitariser" le pays.
Les craintes exprimées par Washington, Londres et Kiev se fondent sur des précédents. En dépit des dénégations russes, le Royaume-Uni tient Moscou pour responsable de l'empoisonnement, en 2018 à Salisbury (sud de l'Angleterre), de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal au Novitchok. Une Britannique était morte quelques semaines plus tard.
La Russie avait par ailleurs déjà accusé, en 2018, les États-Unis de mener secrètement des expérimentations biologiques dans un laboratoire de Géorgie, une autre ex-république soviétique qui, comme l'Ukraine, ambitionne de rejoindre l'Otan et l'UE. Enfin, la Russie a toujours soutenu le régime syrien, alors même que celui-ci a été accusé de manière ré...
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