POLITIQUE - “Il suffirait de peu de chose, en vérité, pour nous réconcilier avec nous-mêmes”. Cette phrase, tirée du livre Révolution (XO), publié le 24 novembre 2016 et signé Emmanuel Macron semble bien lointaine, plus de cinq ans plus tard, alors que le candidat d’alors, devenu président en 2017, se représente à la présidentielle pour un second mandat.
Entre-temps, la crise des gilets jaunes est passée par là, les “macronades” ou petites phrases du président ont laissé des traces, les convois de la liberté se sont mobilisés et l’extrême droite n’a jamais été aussi puissante dans notre pays, à quelques semaines du premier tour de l’élection, le 10 avril. Nous avons relu Révolution pour voir ce que pensait le candidat Macron du pays qu’il comptait diriger, vérifier ce qu’il a pu accomplir et ce qu’il a dû laisser de côté.
“Je n’ai jamais plaidé pour la suppression de l’ENA. Ce qui pêche dans notre système, c’est bien plutôt la carrière des hauts fonctionnaires, trop protégés, alors que le reste du monde vit dans le changement”, peut-on lire dès les premières pages. Acculé par la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron finira par supprimer l’ENA, pour la transformer en Institut du service public (ISP).
Dans son livre, Emmanuel Macron voyait l’appartenance aux grands corps et le “droit au retour”, comme des “protections qui ne correspondent plus ni à l’époque ni aux pratiques dans le reste de la société”. Avec sa réforme, les grands corps, sauf la Cour des Comptes et le Conseil d’État, protégés par la constitution, sont désormais fondus avec les autres métiers de la haute fonction publique, mais celui qui trouvait qu’“il n’est plus acceptable que les hauts fonctionnaires continuent à jouir de protections hors du temps” est-il allé...
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