Russie / Ukraine : la bataille des images

LCI - 05/03
[VIDÉO] - Une guerre, c'est aussi la bataille des images pour conquérir l'opinion. D'un côté, le président ukrainien Volodymir Zelensky manie les armes modernes de la communication. De l'autre, le président russe, emmuré au Kremlin, verrouille l'information.
L'essentiel

Une guerre, c'est aussi la bataille des images pour conquérir l'opinion.

D'un côté, le président ukrainien Volodymir Zelensky manie les armes modernes de la communication.

De l'autre, le président russe, emmuré au Kremlin, verrouille l'information.

Ce samedi à 12h15, le président ukrainien Volodymir Zelenski s'exprime d'un ton martial. "Nous avons tué 10.000 soldats russes. C'était épouvantable", dit-il. "La Russie ne subit aucune agression extérieure. Il n'y a même pas de combat sur notre sol", a répondu 45 minutes plus tard Vladimir Poutine, impassible, comme s'il parlait d'une autre guerre. Un même conflit, mais deux manières de le présenter au monde.

Les Ukrainiens misent sur les réseaux sociaux, des tweets par milliers, des informations pas toujours vérifiées émanant de sympathisants. Aucune régulation, même la capture d'un soldat du Kremlin est mise en scène au mépris des conventions internationales, lorsqu'on les voit contraints d'appeler leurs mères. Et puis, il y a des vidéos postées par le président Zelenski lui-même, récit d'une résistance.

Moscou, de son côté, mise sur une communication centralisée. Des vidéos réalisées comme des films d'action diffusées sur des chaines d'information proche du pouvoir où l'actualité est revisitée. Autre méthode, des vidéos de propagande à l'attention des enfants, un classique de la communication de guerre. "Il s'agit de présenter et justifier le conflit aux yeux de sa population", explique Andrei Kozovoi, historien spécialiste de la Russie à l'université de Lille.

"Deuxième objectif, c'est la diabolisation de l'adversaire. Donc, les deux sont liés. Diabolisé veut dire parlé d'un ennemi inhumain", poursuit Andre Kozovoi.

Information verrouillée désormais par la loi. Depuis hier, toute critique à l'égard de l'armée de Vladimir Poutine est sanctionnée. Des journalistes russes, des étrangers, mais aussi des civils, risquent jusqu'à 15 ans de prison.

TF1 | Reportage D. De Araujo, G. Brenier, C. Ingold

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