En pleine offensive sur l'Ukraine, le Kremlin serre la vis en Russie

LCI - 04/03
[VIDÉO] - Le parlement russe a adopté vendredi une loi sanctionnant tous ceux qui propageraient des "informations mensongères" sur l'armée de Moscou. Vladimir Poutine et le Kremlin durcissent aussi leur contrôle sur les médias, les associations et les opposants qui pourraient se montrer critiques face à l'invasion de l'Ukraine.
L'essentiel

Le parlement russe a adopté vendredi une loi sanctionnant tous ceux qui propageraient des "informations mensongères" sur l'armée de Moscou.

Vladimir Poutine et le Kremlin durcissent aussi leur contrôle sur les médias, les associations et les opposants qui pourraient se montrer critiques face à l'invasion de l'Ukraine.

Au neuvième jour de l'invasion russe en Ukraine, le Kremlin multiplie les intimidations pour contrôler la couverture médiatique de l'offensive et museler toute opposition. Vendredi, il a mis sur les rails de lourdes sanctions pénales en cas de distribution d'"informations mensongères sur l'armée", dernière illustration du tour de vis intérieur qui accompagne l'attaque de l'Ukraine. La chambre basse du Parlement, la Douma, a adopté à l'unanimité un amendement qui prévoit diverses peines pouvant aller jusqu'à quinze ans de prison en cas de propagation d'informations visant à "discréditer" les forces armées.

Un amendement séparé, lui aussi adopté vendredi, prévoit par ailleurs des sanctions pour les "appels à imposer des sanctions à la Russie", pays confronté à de dures mesures de rétorsion occidentales pour son invasion de l'Ukraine. Ces textes, qui s'appliquent à la fois aux médias et aux particuliers, doivent être approuvés par la chambre haute dès vendredi, permettent aux autorités de renforcer leur arsenal dans la guerre de l'information qu'elles mènent en parallèle de la guerre en Ukraine.

Le président de la commission pour la politique d'information de la Douma, Alexandre Khinchtein, a indiqué que la "loi concerne tous les citoyens, et pas seulement ceux de Russie", selon l'agence Interfax. Afin de contrôler le récit qu'elles font de ce conflit à la population russe, les autorités ont également accentué la pression sur les quelques médias indépendants qui avaient réussi de travailler ces dernières années malgré un climat hostile, tandis que le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a appelé vendredi les Russes à "s'unir" autour de Vladimir Poutine.

Contrôle accru sur les médias

Le Kremlin et les médias grand public, qui sont pour la plupart sous contrôle, présentent l'invasion de l'Ukraine comme une "opération spéciale" d'ampleur limitée visant à "protéger" les populations russophones d'Ukraine d'un "génocide". Vendredi, le régulateur des médias Roskomnadzor a ainsi annoncé avoir restreint l'accès aux sites des éditions russophones de la BBC et de la radio-télévision internationale allemande Deutsche Welle (DW), du site indépendant Meduza et de Radio Svoboda, antenne russe de RFE/RL.

Samedi 25 février, le régulateur russe avait déjà ordonné aux médias nationaux de supprimer de leurs contenus toute référence à des civils tués par les soldats russes en Ukraine, et leur avait interdit d'utiliser une série de termes comme "invasion", "offensive" ou "déclaration de guerre", tandis que certains Russes tentent de s'informer par des médias alternatifs.  Le réseau social Facebook, basé aux États-Unis, était également par moment difficilement accessible depuis la Russie, le Kremlin lui reprochant de censurer ses médias d'État par le "fackt-checking" auquel la plateforme soumet les publications. Elle signale par une alerte les messages qui semblent contenir des informations contestables selon un vérificateur tiers qu'agrée.

L'emblématique station de radio Ekho Moskvy (Echo de Moscou) avait annoncé jeudi sa dissolution et la chaîne de télévision indépendante Dojd la suspension de son activité, après le blocage de leurs sites. Le site d'information Znak a suivi cet exemple et lui aussi annoncé vendredi l'arrêt de son travail "à cause du grand nombre de restrictions qui sont récemment apparues dans le fonctionnement des médias en Russie". Le site The Village, une référence sur l'agenda culturel à Moscou, a de son côté pris la décision de fermer son bureau dans la capitale russe pour se délocaliser à Varsovie, en Pologne.

Ces limitations répondent aussi à la mise au ban des médias d'État russe RT (ex-Russia Today) et Sputnik, interdits de diffusion par l'Union Européenne sur les réseaux de télévi...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...