«Journal intime d'une féministe (noire)», en quête de liberté

Axelle Jah Njiké - Slate FR - 04/03
Avec son premier livre, la podcasteuse et militante féministe Axelle Jah Nijké raconte l'intime de son parcours pour s'émanciper d'un passé marqué par la violence, et se réapproprier l'histoire des femmes de sa famille.

Dans Journal intime d'une féministe (noire), publié aux éditions Au diable vauvert, Axelle Jah Njiké relate une expérience de vie peu courante dans le paysage littéraire français, celle d'une personne afropéenne, fille, femme, citoyenne devenue mère, ayant souffert de violences sexuelles et de violences éducatives dans l'enfance. Un récit où l'intime rejoint l'éminemment politique, où le rapport au corps, à la sexualité, et sa transmission est un acte révolutionnaire.

Nous en publions ici des extraits.

Dancing queen

«You are the dancing queen / Young and sweet, only seventeen / Dancing queen / Feel the beat from the tambourine, oh yeah / You can dance, you can jive / Having the time of your life.» —«Dancing Queen», Abba

J'ai guetté le bruit de l'ascenseur, jusqu'à mes 17 ans. Et puis, un jour, je suis partie. En sortant du lycée, j'ai décidé de ne pas rentrer. De ne plus jamais rentrer. En fait, j'avais pris cette décision en partant ce matin-là, à l'école. Ou était-ce pendant la nuit?

Il n'y avait plus d'alternance entre les filles qu'il emmenait au bois, et moi. Il n'y avait plus que moi. Et ses coups. De plus en plus souvent. De plus en plus fort. La dernière raclée s'était soldée par une hémorragie.

À l'infirmier des urgences de l'hôpital Lariboisière qui lui demandait depuis combien de temps je perdais autant de sang, il s'était bien gardé de révéler...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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