Multiplication de voitures individuelles sur tous les continents, explosion des échanges commerciaux partout dans le monde, bond substantiel du trafic aérien… Les transports représentent aujourd’hui un quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la planète. En France, il s’agit de l’activité qui consomme le plus (31 % des émissions), loin devant l’agriculture et le logement. Plus grave, les émissions du transport continuent à augmenter (+9 % en 30 ans en France). L’agence du développement durable (ADEME) précise que 97 % des émissions induites par les transports correspondent à du dioxyde de carbone (CO2) provenant de la combustion de carburants, les transports routiers contribuant à la quasi-totalité (94 %) des émissions du secteur.
L’Ademe précise que le transport de bien et de personnes engendre également d’autres dégâts pour la nature : du bruit, de l’encombrement, des particules fines nocives pour les poumons. L’agence s’alarme sur son site : "Le morcellement de l’espace associés au développement des infrastructures de transport a un fort impact sur le milieu physique et naturel (végétation, faune), le patrimoine, l’agriculture ou encore sur la qualité de la vie. La consommation d’espace par les transports entraîne des effets de coupures et des problèmes de franchissement pour les individus et la faune."
Les nouvelles technologies peuvent-elles venir à la rescousse d’un secteur qui pèse lourd ? Chercheurs et industriels communiquent sur des projets ambitieux, les uns encore dans les tiroirs et les autres ne faisant pour l’instant pas le poids. Mais pour que ces technologies prennent tout leur sens, il faudra d’abord changer de comportement.
Les chercheurs n’y vont pas par quatre chemins : pour faire chuter l’empreinte carbone du transport, nous devons limiter nos déplacements. En l’occurrence, il faut supprimer un maximum de trajets non-essentiels et favoriser des véhicules collectifs ou neutres en carbone. Aurélien Bigo, ingénieur spécialiste de la transition écologique dans les transports, reconnaît que les constructeurs automobiles ont fait des efforts pour améliorer l’empreinte carbone des moteurs. Mais le chercheur déplore que derrière ces avancées technologiques, les véhicules sont devenus beaucoup plus lourds et, en moyenne, trois fois plus puissants en quelques décennies.
Stéphane Meuric, directeur du Technopole des mobilités innovantes et durables, estime que l’État doit jouer son rôle : "Les zones à faible émission, interdisant certains accès aux voitures les plus polluantes, réorganisent les mobilités et responsabilisent chacun." Or, s’il y a moins de voitures dans les centres-villes, leur circulation croît en périphérie. Aurélien Bigo se méfie des applications visant à fluidifier le trafic : "Elles font mécaniquement progresser la vitesse des véhicules." Quant à celles qui promeuvent le covoiturage, sur des longues distances, on s’aperçoit que la moitié des utilisateurs s’en servent pour se passer du train. Autant de gains énergétiques théoriques immédiatement annulés. Pour le chercheur, l’État doit aller jusqu’au bout et diriger toutes ces politiques contre la voiture : développer les alternatives aux transports routier et aérien, revoir les aménagements du territoire, mettre en place une fiscalité offensive, etc.
La prise de conscience politique commence à porter ses fruits. La Commission européenne envisage d’interdire les moteurs thermiques dans toute l’Union à partir de 2035. Or, si nous devons changer nos habitudes, nous ne pourrons pas arrêter de nous déplacer. Les nouvelles technologies doivent prendre le relais pour enrayer les émissions de GES. Un défi immense : aujourd’hui, le pétrole fait rouler 90 % des véh...
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