Ses opposants lui reprochaient depuis plusieurs semaines de ne pas entrer officiellement dans la course à l'Élysée. Mobilisé par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a dû reporter encore ces derniers jours l'annonce de sa candidature. Mais le chef de l'État va passer le pas ce jeudi : il révèlera qu'il se porte candidat à l’élection présidentielle dans une "Lettre aux Français" qui sera mise en ligne ce jeudi soir, a indiqué son équipe de campagne à l'AFP. Cette lettre sera publiée dans les journaux régionaux.
Selon Ouest-France, elle sera mise en ligne à 18h30 sur les sites de ces titres de presse. À 38 jours du premier tour, Emmanuel Macron va ainsi devenir officiellement président-candidat et pourra donner le coup d'envoi à une campagne perturbée par le conflit et qui sera l'une des plus courtes jamais effectuée par un président sortant.
Le chef de l'État aura attendu le dernier moment pour officialiser sa candidature à un second mandat, que les candidats doivent formaliser avant vendredi 18 heures auprès du Conseil constitutionnel, en déposant les 500 parrainages d'élus qu'ils ont reçus, condition incontournable pour pouvoir se présenter. Les prétendants au poste doivent aussi fournir une déclaration de patrimoine et une lettre assurant qu'ils consentent à candidater.
Cette annonce va mettre fin à plusieurs mois de faux-suspense. Emmanuel Macron avait déjà glissé début janvier dans les colonnes du Parisien avoir "envie" de se présenter. "Dès qu’il y aura les conditions sanitaires qui le permettent et que j’aurai clarifié ce sujet, en moi-même et par rapport à l’équation politique, je dirai ce qu’il en est avec la même liberté car je ne veux rien m’interdire", avait-il alors déclaré. Si la situation sanitaire s'est depuis stabilisée, ce sont les impératifs internationaux qui ont retardé l'annonce de sa candidature.
Celle-ci avait été envisagée lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture, samedi 26 février, mais l'invasion russe, dont le coup d'envoi a été lancé jeudi à l'aube, a bouleversé son calendrier. Sa campagne aurait dû être lancée à l'occasion d'un meeting prévu ce samedi 5 mars à Marseille, un rendez-vous que son équipe a été contrainte d'annuler lundi. L'invasion de l'Ukraine, a lui-même reconnu Emmanuel Macron mercredi soir dans une allocution sur cette crise, "vient percuter notre vie démocratique et la campagne électorale". Mais il a assuré que "cette campagne permettra un débat démocratique important pour la nation" et "ne nous empêchera pas de nous réunir sur l'essentiel".
Malgré cette annonce à venir, le chef de l'État restait focalisé jeudi sur la crise internationale et s'est encore entretenu pendant une heure et demie avec Vladimir Poutine jeudi matin, bien loin des déplacements de campagne sur le terrain que son parti avait planifié avant la crise.
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