L'invasion de l'Ukraine par les forces menées par Vladimir Poutine a une nouvelle fois ramené sur le devant de la scène notre dépendance aux énergies fossiles venues de Russie. Le pays est notamment le premier fournisseur de gaz de l'Europe. Alors, pouvons-nous survivre sans ces importations ? C'est la question dont nous avons discuté avec Phuc-Vinh Nguyen, chercheur à l'Institut Jacques Delors. Cela demandera des efforts, mais que nous pouvons et nous nous devons d'y arriver pourrait être la conclusion de cet échange.
L'Europe peut-elle survire sans le gaz russe ? C'est la question qui taraude les esprits des politiques depuis plusieurs mois maintenant déjà. La question qui est, depuis quelques jours, sur toutes les lèvres. Depuis que Vladimir Poutine donnait l'ordre d'une « opération militaire » en Ukraine, ce jeudi 24 février 2022. Et qu'en réponse, l'Union européenne, par la voix de la présidente de sa Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé vouloir prendre des sanctions aux « conséquences massives » contre Moscou. Parmi lesquelles, exclure les banques russes de la plate-forme Swift, l'une des clés de la finance mondiale.
La France a rapidement donné un avis favorable. Mais l'idée n'a pas fait immédiatement l'unanimité. En cause notamment : la dépendance de certains pays européens au gaz naturel russe. « De ce point de vue, l'Allemagne, par exemple, mais l'Italie aussi, sont bien plus dépendants de la Russie que la France », nous explique Phuc-Vinh Nguyen, chercheur à l'Institut Jacques Delors. La Russie est le premier fournisseur de l'Allemagne, par exemple. Avec un gaz qui représentait, en 2020, 26 % du mix énergétique en Allemagne. Alors qu'il tourne autour des 17 % pour la France. « Et il y a le fait qu'en France, nous utilisons ce gaz à des fins de chauffage surtout. En Allemagne, ce gaz sert aussi à produire de l'électricité et pour l'industrie. »
Et s'il n'y avait que la question du gaz, l'équation serait finalement presque trop simple. Parce qu'en réalité, la dépendance énergétique...
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