Alors que les regards se tournent vers l'Ukraine, la campagne présidentielle se poursuit en France avec un rendez-vous important pour tous les candidats : le salon de l'Agriculture. Une occasion rêvée pour les producteurs et éleveurs de mettre sur la table les questions relatives à la production agricole, et pour les prétendant(e)s à l'Élysée de préciser leur vision et leurs propositions sur ces sujets.
Invité de RTL lundi, Eric Zemmour a notamment estimé qu'il n'était "pas normal qu'un grand pays agricole comme la France importe 50% de ses fruits et 60% de son poulet". Si le candidat de Reconquête met ici le doigt sur une dépendance de la France aux importants pour ces produits précis, il se réfère toutefois à des chiffres potentiellement trompeurs, plus élevés que ceux rapportés par les autorités.
L'Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer, autrement appelé FranceAgriMer, suit avec attention les importations et exportations des produits agricoles sur notre territoire. Et se base généralement sur des données compilées par l'Agreste, l'organisme public en charge du suivi des statistiques chapeauté par le ministère de l'Agriculture. Dans un document publié en juin 2021, FranceAgriMer se montrait clair : "La dépendance de la France par rapport aux importations de fruits frais est importante", pouvait-on lire.
Dans quelle mesure ? "Le taux de couverture par la production nationale n’est que de 60 % en 2019. De plus, ce chiffre est en
baisse, puisqu’il était encore de 65 % en 2005", apprend-on. Cette augmentation de la dépendance aux importations, explique l'institution, "est due à la baisse structurelle de production nationale", qui n'est "plus suffisante pour couvrir la consommation intérieure" restée "stable". Seuls les fruits dits "frais" ou "tempérés" sont ici pris en compte, puisqu'il "n’y a pas d’enjeux de compétitivité" sur les fruits exotiques.
Dans le détail, on observe qu'en 2019, presque 50% des importations de fruits non exotiques concernaient les pêches et nectarines, le raisin de table ainsi que les fraises. Suivent les pommes, les poires et les kiwis.
Globalement, souligne FranceAgriMer, "la dépendance de la France aux importations de fruits frais augmente d’année", mais l'on peut "observer des différences assez nettes selon les espèces de fruits. Ainsi la pomme avec un taux de couverture par la production nationale élevé (entre 80 % et 90 % selon les années) connait une grande stabilité depuis 15 ans", quand "la situation est très différente pour le kiwi". Ce dernier "a vu sa dépendance aux importations s’accroitre et son taux de couverture par la production nationale s’éroder".
En ce qui concerne la volaille et le poulet en particulier, le constat n'est guère meilleur, puisque la France recourt assez largement aux importations. Eric Zemmour avance toutefois des chiffres surévalués, plus importants que ceux donnés par les représentants du secteur. L'usine Nouvelle glissait l'an passé que "sur le premier semestre 2021, 39% des volailles consommées en France" venaient de l'étranger. C'était davantage encore "pour le poulet, principale viande de volaille consommée en France", avec un taux qui "atteint même 46%".
Paul Lopez, président de la fédération française des industries avicoles (Fia), s'en émouv...
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