Comment réguler l’empreinte carbone des nouvelles technologies ?

LCI - 01/03
Partenaire du Prix Jeunes pour l’Environnement avec EpE, TF1 INFO vous éclaire pendant un mois autour de la thématique : "Quel rôle pour la tech dans la transition écologique ?" Demander des comptes, encourager ou changer les comportements. L’État s’intéresse au bilan carbone des entreprises du numérique. Des lois leur demandent davantage de sobriété et de respecter des objectifs. La French Tech soutient les plus prometteuses d’entre elles.
L'essentiel

Partenaire du Prix Jeunes pour l’Environnement avec EpE, TF1 INFO vous éclaire pendant un mois autour de la thématique : "Quel rôle pour la tech dans la transition écologique ?"

Demander des comptes, encourager ou changer les comportements. L’État s’intéresse au bilan carbone des entreprises du numérique.

Des lois leur demandent davantage de sobriété et de respecter des objectifs. La French Tech soutient les plus prometteuses d’entre elles.

De 2 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Selon plusieurs études, il s’agit de l’empreinte carbone du numérique. Au pire, elle équivaut au double des émissions du transport aérien mondial. "Les centres de données et les réseaux de données utilisent ensemble environ 2 % à 2,5 % de la consommation mondiale d’électricité", mesure l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les infrastructures numériques consomment de 200 à 250 térawattheures (TWh) par an, soit l’équivalent de la moitié de la production nucléaire annuelle française. Un rapport du Sénat calcule qu’en France, en 2019, les émissions du numérique ont atteint 15 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an, soit 2 % du total des émissions dans l’Hexagone. Raja Koduri, un des principaux dirigeants du géant américain Intel, prévient qu’un univers virtuel, accessible par des milliards d’êtres humains, demandera une puissance informatique mille fois supérieure à celle d’aujourd’hui.

Le numérique, et à fortiori les nouvelles technologies, ne fonctionnent pas d’elles-mêmes. Elles nécessitent récepteurs et transmetteurs pour rendre exploitables les données qu’elles collectent. Ces terminaux de tout ordre (smartphones, ordinateurs, caméras intelligentes, panneaux solaires, drones, robots connectés, etc.), coûtent cher à produire pour la planète. Ils requièrent des métaux rares, semi-conducteurs et matériaux qu’il convient d’extraire non sans générer beaucoup de dégâts environnementaux. En Europe, même si certaines études en évaluent la présence, les États, soutenus par d’importants collectifs de citoyens, se refusent pour l’instant d’exploiter leur sous-sol.

En France, ministres et parlementaires semblent prendre conscience du problème. Un dispositif réglementaire vient d’entrer en vigueur en janvier 2022. Au programme : promouvoir la croissance verte, éliminer l’obsolescence programmée et accélérer la sensibilisation des acteurs et utilisateurs des nouvelles technologies. Avec un objectif simple : atteindre la neutralité carbone.

Des objectifs ambitieux

Les entreprises françaises pour le climat, soutenues par l’État, visent la neutralité carbone à l’horizon 2050. Il s’agit pour elles de réduire au maximum leurs émissions de gaz à effet de serre avant de compenser l’intégralité des émissions restantes. Elles se disent également prêtes à "mettre au cœur de leur activité les solutions face au climat." Le ministère de la Transition écologique a publié, en octobre dernier, une feuille de route pour rendre le numérique plus responsable. "La transition écologique sans le progrès numérique est impossible, et la transition numérique doit s’inscrire dans l’exigence écologique", énonce le rapport. Le ministère cherche à mesurer l’impact des nouvelles technologies sur l’environnement et soutenir un numérique plus sobre sans pour autant cesser d’innover.

Lire aussi

Des lois pour changer les comportements

Trois lois soutiennent ce défi majeur avec aux commandes l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

- L’autorité doit d’abord collecter auprès des entreprises du numérique leur empreinte environnementale. Sont visés les opérateurs télécoms, les services en ligne, les hébergeurs, les data centers, les prestataires de cloud, les fabricants de terminaux (smartphones en tête) et les éditeurs de systèmes d’exploitation. Attention, la loi reste incitative et ne leur impose pas (encore) de réduire leur empreinte environnementale.

- L’Arcep met en place un "observatoire des impacts environnementaux du numérique". Elle a pour mission de comparer les acteurs numériques entre eux, distinguer les pratiques les plus vertueuses et encourager le "numériqu...
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