Kiev pourra-t-elle résister longtemps à la menace russe ? Ce vendredi 25 février, et après une seule journée d'offensive, les troupes de Vladimir Poutine renforcent leur étau autour de la capitale ukrainienne où des bombardements se font entendre depuis ce matin. Peu après midi, les combats étaient toujours en cours dans un quartier résidentiel de la ville, visée par ses flancs nord, nord-est et est, annonce l'état-major ukrainien, qui fait "tout son possible" pour les repousser.
"Cela nous rappelle l'offensive nazie de 1941", a déclaré tôt dans la matinée le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en russe, à l'attention directe du peuple voisin. Dans une adresse à la Nation, l'ancien comédien devenu chef de guerre a confirmé les menaces pour sa sécurité. "D'après les renseignements dont je dispose, l'ennemi m'a identifié comme la cible numéro 1. Ma famille comme cible numéro 2", a-t-il déclaré alors qu'aucune voie diplomatique n'a pour l'instant aboutie.
L'ex-acteur, arrivé au pouvoir en 2019, refuse toutefois l'idée d'une fuite du pays. Il a assuré que sa famille et lui étaient toujours présents sur le sol ukrainien et qu'ils ne comptaient pas le quitter. "Les membres de ma famille ne sont pas des traîtres, ils sont des citoyens ukrainiens. Je n'ai cependant pas le droit de dire où ils se trouvent exactement", a-t-il souligné dans son message.
Selon des sources militaires occidentales, Volodymyr Zelensky pourrait effectivement être en danger. "Vladimir Poutine a choisi la guerre et de sortir l'Ukraine de la carte des États", fustige, ce matin sur France Inter, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. "L'affaire du Donbass n'était qu'un prétexte. Ce que voulait le président russe, c'est la soumission de l'Ukraine et il poursuivra apparemment jusqu'au bout son offensive" pour renverser le chef d'État ukrainien, a-t-il continué, avant de souligner que "sa sécurité [était] un élément central" pour la France.
Outre-Atlantique, l'administration Biden dit, elle, être continuellement "en contact" avec le président ukrainien.
Sur place, les troupes russes continuent leurs offensives en direction de Kiev. "L'ennemi ayant été repoussé par les défenseurs de Tcherniguiv, il cherche à contourner la ville pour attaquer la capitale. Pour cela, il se jette dans la direction Kosoltets-Brovary et Konotop-Nejine-Kiev. Konotop est tombé", précise le ministère des Armées à la mi-journée. Jeudi, des sources militaires occidentales avaient indiqué que les forces russes avaient déjà acquis "une supériorité aérienne totale" en Ukraine.
Ce midi, des combats étaient toujours en cours dans le quartier d'Obolon, et autour des localités de Dymer et Ivankiv, respectivement à 45 et 80 km de Kiev. Mais le ministère ukrainien de la Défense s'inquiète surtout de plusieurs opérations de sabotage menées par des commandos de soldats russes en reconnaissance et qui coûtent la vie de civils ukrainiens.
Face à la menace de plus en plus présente, notamment pour les "infrastructures civiles", l'état-major a appelé aux civils du quartier de prendre les armes. "Nous demandons aux citoyens de nous informer des mouvements ennemis, faites des cocktails Molotov, neutralisez l'occupant !", écrit-il sur Facebook.