C'est peut-être le début d'une réaction en chaîne. L'invasion militaire russe de l'Ukraine, ordonnée par Vladimir Poutine, jeudi 24 février, provoque déjà des remous dans le monde du sport. En réponse à la tournure tragique des événements, le championnat de football ukrainien a d'ores et déjà été suspendu, tandis que la finale de la Ligue des champions, prévue à la Gazprom Arena de Saint-Pétersbourg, le 28 mai prochain, a été relocalisée. À l'issue d'une réunion extraordinaire de son comité exécutif, et d'une négociation avec la France, l'UEFA a choisi, vendredi 25 février, de la confier au Stade de France.
Le conflit armé, initié par la Russie, éclabousse aussi la Coupe du monde 2022. Dans un courrier adressé à la Fifa, les Fédérations polonaise, suédoise et tchèque ont clamé leur opposition "ferme" à la tenue des matchs de barrages, programmés en Russie, les 24 et 29 mars. "L'escalade militaire que nous observons entraîne de sérieuses conséquences et une sécurité considérablement moindre pour nos équipes nationales et nos délégations officielles", font-elles remarquer.
Il n'y a absolument aucune envie de jouer un match en Russie
Karl-Erik Nilsson, président de la Fédération suédoise de football
Les trois signataires ont ainsi demandé à la Fifa et à l'UEFA de "réagir immédiatement et de présenter des solutions alternatives". "Telle que la situation se présente aujourd'hui, il n'y a absolument aucune envie de jouer un match de football en Russie", a affirmé le président de la Fédération suédoise (SvFF), Karl-Erik Nilsson, auprès de l'agence Reuters. Il a expliqué qu'il serait "presque impensable" que l'instance qui régit le football mondial maintienne les barrages en l'état. Une position partagée par la République tchèque mais surtout la Pologne, selon Przeglad Sportowy, le plus ancien journal sportif polonais. Les coéquipiers de Robert Lewandowski croiseront la Sbornaïa, le 24 mars, sur la route qui pourrait les mener au Qatar.
Pour l'heure, si l'UEFA a acté l'organisation sur terrain neutre des matchs internationaux à domicile des clubs ou sélections ukrainiens et russes, "jusqu'à nouvel ordre", cela ne concerne pas lesdits barrages pour la Coupe du monde. Le sort de ces rencontres dépend uniquement de la Fifa, qui n'a toujours pas répondu à la requête des trois Fédérations.
Du côté de l'Ukraine, aussi concernée par les barrages pour le Mondial 2022, le sélectionneur Oleksandr Petrakov a assuré que la Zbirna sera de la partie pour affronter l'Écosse, le 24 mars. "Je crois qu'après notre victoire rapide (à la guerre, ndlr), nous continuerons à nous préparer pour les matchs décisifs de l'équipe nationale d'Ukraine", a-t-il affirmé.
Si le football est aux avant-postes, à l'image de Schalke 04, pensionnaire de D2 allemande, qui a annoncé avoir retiré le nom et le logo du fournisseur de gaz russe, Gazprom, de ses maillots, c'est l'ensemble du monde du sport qui se mobilise. Plusieurs événements, comme des rencontres d'Euroligue de basket impliquant des clubs russes et le match de rugby Géorgie-Russie comptant pour le Tournoi B des Six Nations, ont été reportés à une date ultérieure.
Après le retrait de tous les skieurs étrangers, l'étape de Coupe du monde de skicross, disputée à Sunny Valley ce week-end, a été supprimée du calendrier. Dans la foulée, la Fédération internationale de ski (FIS) a annulé toutes ses compétitions en Russie jusqu'à la fin de la saison.
Jamais de la vie, on ira en Russie
Tony Par...
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