De TotalEnergies à Renault, la Russie représente un marché important pour de nombreuses entreprises françaises. Alors que Vladimir Poutine a annoncé, dans la nuit de mercredi 23 à jeudi 24 février, une opération militaire en Ukraine, beaucoup de questions se posent quant à l’avenir de ces entreprises.
Les sanctions économiques prises contre la Russie seront-elles sévères ? Comment réagiront les autorités russes ? Autant d’interrogations qui ne font pas les affaires de Thierry Fabre, patron d’une entreprise de peinture, qui travaille avec la Russie depuis 30 ans. Il y réalise plus de 20% de son chiffre d’affaires. "Les problèmes politiques font qu’on va en souffrir sur le plan commercial. Sur ces 20% de chiffre d’affaires, peut-être qu’on va en perdre la moitié", estime-t-il dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article.
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, plus de 700 entreprises françaises travaillent avec la Russie "dont 35 entreprises du CAC 40". La plus grosse est TotalEnergies, qui y exploite de nombreux champs pétroliers et gaziers. Engie, lui, a cofinancé le gazoduc Nord Stream 2, qui permet de contourner le territoire ukrainien pour livrer du gaz russe à l’Europe.
Renault, présent via sa filiale Avtovaz, s'est écroulé de 8,31% après avoir perdu plus de 10% lors des premiers échanges. Le groupe automobile est l’un des premiers acteurs du marché russe, sa marque Lada représente un tiers des voitures neuves en Russie.
Société Générale, présent via Rosbank, perdait 5,02% en Bourse, ce jeudi. La filiale génère plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires et paraît exposée. Mais son activité "est principalement locale et nous sommes confiants", a expliqué à l'AFP un responsable de la banque française. EDF, également présent en Russie, reste aussi confiant. Ce pays "n’est pas un partenaire important sur le plan économique", a affirmé Jean-Bernard Lévy, son PDG, cette semaine.
On trouve aussi le distributeur Auchan, qui emploie 41.000 collaborateurs, mais aussi Décathlon, Leroy Merlin et le groupe hôtelier Accor. Mais également l’entreprise Bonduelle et Alstom, qui a une participation de 20% dans le constructeur ferroviaire Transmashholding, et qui perdait 4,69% vers 9h10 ce jeudi.
Y a-t-il alors un risque pour toutes ces entreprises ? "Dans la plupart des cas, ce n’est pas du tout dans l’intérêt de la Russie de perturber les opérations des entreprises étrangères sur son sol, alors même que depuis des années, elle fait beaucoup d’efforts pour essayer d’attirer des investisseurs sur son sol", répond Sébastien Jean, directeur de recherches à l’Inrae.
Reste que les relations commerciales risquent de se tendre. C’est même déjà le cas, selon Guillaume Dubois, importateur basé à Moscou, spécialisé dans le trajet entre la France et la Russie. Depuis ce vendredi matin, il doit rassurer ses clients. Le transport entre les deux pays devient très compliqué. "On a des difficultés sur des contrôles au niveau des douanes qui rendent beaucoup plus compliqué le passage au niveau de la frontière donc on a plein de retards et on a surtout un coût de transport qui a déjà augmenté de près de 30%", affirme-t-il.
Face à cette situation, le gouvernement français se veut rassurant, rappelant que nos échanges avec la Russie ne représentent que 1,3% de nos exportations. ...
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