À Moscou, les douze millions d’habitants se sont réveillés ce jeudi matin avec l’annonce des bombardements sur l’Ukraine. La ville vit à son rythme habituel mais les Russes qui se rendent au travail restent collés aux dernières informations. Et personne n’ose encore prononcer le mot guerre. "On n’aurait pas dû aller si loin. Nous sommes au 21ᵉ siècle. On aurait dû trouver une autre solution. J’espère encore que la diplomatie va marcher. La guerre n’a pas encore vraiment commencé", témoigne une habitante dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article.
"C’est une bonne chose qu’on aurait dû faire depuis longtemps", pense une autre. "En revanche, j’ai peur pour nos soldats russes. Il va y avoir des morts", poursuit-elle. "Ce qui se passe dans le Donbass est inadmissible. Il faut protéger les Russes qui vivent là-bas. Regardez, l’Europe est pleine de petites nations indépendantes. C’est pareil avec le Donbass. J’espère qu’il n’y aura pas de guerre parce que la guerre nucléaire nous tuera tous", ajoute une retraitée.
Jusqu’où ira l’armée ? Depuis ce jeudi matin, les télés russes rapportent en direct les opérations militaires, mais aussi les réactions de l’Otan et du monde entier. À la télé, dans les journaux… la presse annonce des sanctions internationales qui vont s’alourdir. "Je ne préfère pas vous parler ou vous donner mon avis. Je ne veux pas attirer d’ennuis à mes proches", dit un retraité par peur de représailles.
La contestation du pouvoir est quasi impossible. D’après les sondages, jusqu’au bombardement de ce matin, le président russe était majoritairement soutenu par sa population dans la crise ukrainienne. La plupart des Russes interviewés ce matin ne semblaient pas être très surpris par le début de ces opérations militaires. Mais à Moscou, personne ne sait jusqu’où ira cette offensive.
L'envoyé spécial de TF1 à Moscou, Jérôme Garro, parle également d’une guerre de communication. Les gens reprennent les éléments de langage du ministère de la Défense russe. Depuis ce matin, l’armée précise qu’il s’agit uniquement de frappes avec des armes de précision sur des installations militaires ukrainiennes pour satisfaire l’objectif de Vladimir Poutine, qui lui non plus ne parle pas d’invasion ou de guerre. Mais de "démilitariser" l’Ukraine, comme pour sécuriser Moscou.
La population russe soutiendra-t-elle cette offensive ? Vladimir Poutine demande à ses citoyens de resserrer les rangs derrière lui. Il justifie son attaque en disant que c’est pour extraire "les nazis" de l’Ukraine. Mais tous les Russes ne seront pas convaincus par ce discours, a estimé la spécialiste de l'international de TF1 Catherine Jentile sur le plateau du 13H. "Les Russes n’ont pas toujours une vie très facile. Ils n’ont sûrement pas envie pour une bonne partie d’entre eux de s’engager dans une aventure chez un de leurs voisins", explique-t-elle. Avant d’ajouter que dans les conseillers même de Vladimir Poutine, beaucoup sont d’origine ukrainienne. "Ce sont vraiment des liens très forts et il y a sûrement des Russes qui ne vont pas cautionner cette attaque sur l’Ukraine."
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