Après chaque repas, pendant lequel les élèves ont ôté le masque pour se nourrir, c’est le même balai à la cantine scolaire. Il faut nettoyer les tables, désinfecter les chaises et, depuis peu, purifier l’air. "Cette machine, c’est un purificateur d’air. C’est-à-dire qu’il y a un système de plusieurs filtres à l’intérieur de façon à traiter toutes les sortes de volatiles, de bactéries, de poussières… qu’on peut trouver dans l’air", explique Hervé Dalmat, chef de service en charge de l’équipement et du suivi du patrimoine de l’éducation de la ville d’Orléans.
Une fois aspiré, l’air qui ressort est garanti sans la moindre trace de virus. La solution semble miraculeuse, mais peine à se généraliser. Très peu d’établissements en ont. Pour quelles raisons ? À Orléans, la mairie a investi 80.000 euros pour équiper 23 écoles sur 67. Elle n’a pas pu mettre de purificateurs dans toutes. "C’est un gros budget qu’il faut quand même pouvoir sortir. Les 80.000 euros dont vous parlez, c’est autant de chose qu’on ne fera pas à côté, un entretien de classe… Il a fallu faire des choix. Les critères ont été très simples. Ce sont les restaurants scolaires qui étaient le plus difficile d’accès pour l’aération", affirme Chrystel De Filippi, adjointe au maire (LR) en charge de l’éducation.
Comme un purificateur coûte en moyenne 1500 euros, la limite serait donc financière. Une enveloppe de 20 millions d’euros a été débloquée par le gouvernement. L’offre est généreuse. Mais une fois répartie entre les 52.701 lycées, collèges et écoles que compte la France, il ne reste plus grand-chose à se partager : 380 euros chacun. Très loin des 79 millions d’euros nécessaires pour qu’il y en ait partout.
Mais avant de débloquer une telle somme, les purificateurs d’air sont-ils vraiment utiles ? Cela ne fait aucun doute selon le physicien Bruno Andreotti, mais dans certains cas seulement. "C’est important dans les cantines parce qu’il n’y a pas de masques donc c’est là, l’endroit primordial où en installer si on peut", affirme-t-il.
Inutile en revanche dans les classes où le port du masque reste obligatoire. À L’Ile-Saint-Denis, la mairie souhaite en installer dans les réfectoires de ses cinq écoles. Pour les financer, elle a fait une demande de subvention, mais obtenir l’argent nécessite d’être très patient. "Pour notre cas précis, je dirai qu’il y a à peu près trois mois et demi quatre mois, c’est énorme", se désole Mohamed Gnabaly, maire (EELV). Ils seront installés pendant les vacances pour que les élèves puissent en bénéficier à leur retour en classe début mars.
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