Des mouvements militaires russes à la frontière ukrainienne en novembre jusqu'à l'ordre donné par Moscou à ses troupes d'entrer dans les territoires séparatistes : l'escalade des tensions autour de l'Ukraine est le fruit de plusieurs semaines. Retour en quelques dates sur cette crise.
Dès le 10 novembre 2021, Washington s'inquiète et demande des explications à la Russie sur des mouvements de troupes "inhabituels" à la frontière ukrainienne. En guise de réponse, le président russe Vladimir Poutine accuse les Occidentaux de livrer des armes à Kiev et de mener des exercices militaires "provocants" dans la région. Le 28 novembre, l'Ukraine assure que la Russie a déployé près de 92.000 soldats à ses frontières. Moscou reproche en retour à son voisin de masser des troupes dans l'est, où une guerre oppose Kiev à des séparatistes soutenus par Moscou.
Début décembre, le ton monte entre les deux puissances. Le 7 décembre, le président américain Joe Biden menace le chef du Kremlin de "fortes sanctions" économiques en cas d'invasion de l'Ukraine, au terme d'un sommet bilatéral entre les deux dirigeants. Sous le feu des critiques, Moscou exige des garanties sûres prouvant que son voisin n'entrera pas dans l'alliance militaire de l'Otan. Au Kremlin, Vladimir Poutine dévoile deux projets de traités demandant l'exclusion de toute adhésion de l'Ukraine dans l'Alliance atlantique ainsi que l'obtention du retrait des forces de l'Otan des pays de l'ex-espace soviétique.
Le 18 janvier, Moscou, qui déploie des milliers de soldats en Biélorussie, s'apprête à mener des exercices de "préparation au combat". Ils sont présentés par le pouvoir russe comme une réponse au récent renforcement de la présence de l’Otan dans la région. De son côté, Washington ne faiblit pas et débloque une nouvelle aide de 200 millions de dollars pour l'Ukraine. Le Capitole autorise également les pays baltes à livrer à Kiev des armes américaines.
Le 24 janvier, c'est au tour de l'Otan d'avancer ses pions. L'alliance militaire annonce l'envoi de navires et d'avions de combat en Europe de l'Est, tandis que les États-Unis décident de placer 8.500 militaires en état d'alerte. En riposte, Moscou lance de nouvelles manœuvres près de l'Ukraine et en Crimée.
Ce sera finalement "non". Le 26 janvier, Washington rejette la demande russe de ne pas accepter l’Ukraine dans l’Otan, mais propose une autre voie diplomatique "pour éviter une nouvelle guerre". Dans la journée, Joe Biden dit s’attendre à une possible attaque des forces russes d’ici à la "mi-février", tandis qu’à Paris, une réunion des émissaires russe et ukrainien sur le conflit en cours abouti à un rare engagement commun pour un cessez-le-feu. Le 27 janvier, Pékin juge "raisonnables" les préoccupations de Moscou pour sa sécurité. Et, moins d'une semaine plus tard, Washington envoie 3.000 soldats supplémentaires en Europe de l'Est.
Le 7 février, Vladimir Poutine se dit enfin prêt à "des compromis" après un entretien avec le président français Emmanuel Macron, venu au Kremlin pour amorcer une désescalade dans le conflit. L'image des deux dirigeants aux extrémités d'une longue table blanche de 4 mètres devient virale. En vain. Le 10 février, les armées russe et bélarusse débutent des manœuvres de grande envergure au Bélarus.
Quatre jours plus tard, les menaces se font plus réelles. L'Otan insiste, dans un communiqué le 11 février, sur le "risque d'un nouveau conflit armé" en Europe, alors que plusieurs pays appellent leurs ressortissants à quitter l'Ukraine. Pour le Kremlin, les discussions avec les Occidentaux n'ont mené à rien. Face à l'impasse, les États-Unis réaffirment qu'une invasion russe en Ukraine pourrait intervenir "à tout momen...
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