Les mouvements de troupes russes à la frontière ukrainienne ont ravivé ces dernières semaines les tensions entre les Occidentaux et Vladimir Poutines, et son annonce reconnaissant l'indépendance des territoires séparatistes du Donbass, lundi soir, marque une nouvelle escalade dans la crise.
Des Accords de Minsk à l'OSCE, en passant par Nord Stream 2, la "maskirovska" ou les territoires séparatistes du Donbass, TF1info revient sur ces expressions et concepts au cœur de la crise et qui permettent de mieux la comprendre.
Les deux territoires séparatistes du Donbass sont au cœur des discussions, alors que Vladimir Poutine a reconnu lundi leur indépendance. Donetsk et Lougansk sont les deux principales villes du bassin minier du Donbass, frontalier de la Russie, sur la rive septentrionale de la Mer Noire. Elles comptent respectivement deux millions et 1,5 million d'habitants.
Or, depuis 2014, les territoires de Donetsk et de Lougansk sont déchirés par des affrontements entre les autorités ukrainiennes et des forces séparatistes. Ceux-ci ont proclamé leur indépendance à l'issue de référendums, non reconnus par la communauté internationale, réalisés à la suite de l'annexion de la Crimée par la Russie. La guerre qui oppose depuis cette date les séparatistes aux autorités de Kiev a fait plus de 14.000 morts.
Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement et financièrement les séparatistes prorusses. De son côté, Moscou soutient que le Donbass, de même qu'une large partie de l'Est ukrainien, est peuplée de russophones et doit donc être protégés du nationalisme ukrainien. La présence de russophones est notamment liée à l'envoi de nombreux travailleurs russes après la Seconde Guerre mondiale lors de la période soviétique.
Les accords de Minsk font référence à des textes censés mettre fin au conflit entre Kiev et les séparatistes ukrainiens prorusses dans le Donbass. En déclarant reconnaître les deux territoires du Donbass comme des républiques indépendantes, Vladimir Poutine rejette les engagements pris dans ce cadre.
Un premier protocole de Minsk avait été signé le 5 septembre 2014, sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk. Quelques mois plus tard, en février 2015, les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Allemagne s'étaient accordés sur des mesures : le retrait de toutes les forces armées étrangères, des équipements militaires et des mercenaires du territoire ukrainien sous la supervision de l’OSCE ainsi que le désarmement de tous les groupes illégaux. La région est alors coupée par une ligne de cessez-le-feu, qui sépare les territoires restés sous le contrôle du gouvernement de Kiev et les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk, tenues par des groupes séparatistes soutenus par Moscou.
Si ces accords ont permis une diminution substantielle des violences, ils n'ont pas mis fin à la guerre qui oppose depuis 2014 séparatistes prorusses parrainés par Moscou et forces de Kiev. Le volet politique de ces accords n'a notamment jamais été respecté, les deux camps se rejetant la responsabilité de cet échec.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe organisation (OSCE) a été créée à l’issue de la guerre froide, en 1995, pour permettre le dialogue entre les pays de l’ancien bloc soviétique, les Européens et les Américains. Elle compte 57 pays participants.
Depuis 2014, cette organisation est chargée de contrôler le respect des accords de paix de Minsk dans la partie orientale de l'Ukraine. En pratique, cela consiste pour 678 observateurs non-armés de 43 nationalités différentes (dont 16 Français) à recenser les v...
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