En quatre ans seulement, la vie d’Angèle Van Laeken a basculé : avec une poignée de chansons devenues des tubes, la jeune Belge a connu une ascension fulgurante et parfois violente à 21 ans à peine, passant des petits bars de Bruxelles aux grandes salles de concert internationales. Avec pour nom de scène son seul prénom, elle est devenue tout à la fois une nouvelle icône de la pop et une figure du féminisme, par ses chansons engagées. Tous les yeux se sont rivés sur elle, sa vie intime exposée : il y a deux ans, la presse people lui a volé son coming-out en révélant à son insu son histoire d’amour avec une femme.
Un parcours en "montagnes russes", qu’elle illustre sur la pochette de son nouvel opus 95, sur laquelle elle se représente embarquée dans les loopings d’un manège. "Il y avait le vertige, mais aussi l’excitation et l’ambition qui allaient avec, c’était un mélange un peu fou de plein de choses", résume la chanteuse de 26 ans dans le "Portrait de la Semaine" de "Sept à Huit", dimanche 20 février, un entretien à retrouver en tête d'article. "J’ai toujours pensé que j’avais une bonne étoile ; c’est le destin, mais aussi beaucoup de travail, évidemment", glisse-t-elle.
Adolescente déjà, Angèle écrit dans ses journaux intimes ne plus vouloir être "la fille de", comme elle le dévoile dans le documentaire Netflix qui lui est consacré, sorti en novembre 2021, un mois avant son deuxième album. Et pour cause, la jeune femme a grandi dans une famille d’artistes reconnus, avec un père chanteur, une mère comédienne et un frère rappeur. Mais entrée comme pianiste dans une école de jazz, la cadette ne se destine pas au départ au même destin que ses parents, "au contraire".
Elle commence seulement à écrire et composer, tente des piano-voix dans de petits bars, mais rapidement sa notoriété explose grâce aux réseaux sociaux. Un flot d’éloges et de partages, mais aussi des premières critiques, "moins magiques" - "on se prend tout ça, à 21 ans, dans sa chambre", se souvient la chanteuse. "Je pleurais beaucoup, car je me disais que c’était mon visage, mon prénom, mais que tout cela ne m’appartenait déjà plus entièrement", raconte-t-elle, décrivant "un mélange de plaisir, d’angoisse et d’incompréhension" pour une jeune fille déjà de nature anxieuse.
La jeune femme, qui rassemble aujourd'hui 3,4 millions d'abonnés sur son compte Instagram, est aussi propulsée en figure de causes qui lui sont chères. À l’heure de #MeToo, sa chanson "Balance ton quoi", qui dénonce le harcèlement sexuel, devient aussi un hymne féministe scandé dans les manifestations. "Se sentir légitime, quand on est une femme, c’est difficile, c’est un chemin", estime-t-elle. Déterminée alors à "dénoncer" des comportements qu’elle jugeait "déplorables", "j’avais beaucoup de naïveté et ne me rendais pas compte de ce que cela représentait et de l’impact que ça allait voir", analyse-t-elle rétrospectivement.
Lorsque son frère Roméo Elvis est accusé d’agression sexuelle, elle est prise à partie sur les réseaux sociaux. Des attaques traumatisantes pour la chanteuse, mais qui ont fait évoluer sa réflexion sur ces plateformes : "Avec du recul, je me rends compte que les réseaux cristallisent et rendent véridiques quelque chose qui ne l’est peut-être pas forcément. (...) La cause des femmes reste évidemment l’une des plus grandes causes de ma vie, je me battrai toujours pour les défendre, mais quelque chose s’est ajouté à ça : j’ai tenté de comprendre ce que les réseaux, qui ont apporté tant de bien à ma vie, ont aussi de toxique", détaille-t-elle.
La vie privée de l'artiste est aussi jetée en pâture sur ces mêmes réseaux, lorsqu’elle est outée en 2019 : son histoire d’amour avec une femme fait la Une de la presse people avec des photos volées, un épisode "extrêmement violent". "Malheureusement, je m'attendais bien à ce qu'une histoire d'amour...
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