Bien que né en France, il m'a fallu attendre ma dix-huitième année pour devenir français. Avant cela, j'étais belge. Oui, belge. Notez bien que je n'avais jamais habité en Belgique. Pas plus que je ne parlais flamand. Mais l'administration française dans ce génie procédurier qui la caractérise considérait qu'étant le fruit d'un père belge et d'une mère tunisienne, je ne pouvais prétendre à la nationalité française. Mon père étant belge, il fut donc décidé que je le serais aussi, du moins jusqu'à ma majorité.
Je suis donc ce qu'il convient d'appeler un Français de papier, un Français de seconde zone, un Français au rabais, un Français sans r...
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