Le 10 juin dernier, sans bruit ni cérémonie, le conflit entre l'Ukraine et la Russie a franchi un seuil symbolique : il est officiellement devenu plus long que la Première Guerre mondiale. Au lendemain des deux conflits mondiaux, l'Europe avait fait du "Plus jamais ça" un impératif moral autant qu'un projet politique. Plus d'un siècle après l'armistice de 1918, à mesure que la guerre se poursuit, cette conviction semble aujourd'hui vaciller.
L'histoire peut-elle nous aider à comprendre pourquoi le conflit russo-ukrainien s'enlise ? Comment expliquer qu'à l'ère des drones, de l'intelligence artificielle et des armes de précision, elle provoque des pertes humaines à une échelle que l'on croyait révolue sur le continent (avec au moins 500 000 d'après les calculs du Center for Strategic and International Studies) ? Et surtout, que nous enseigne le passé sur les conditions susceptibles de mettre fin à un tel conflit ?
Pour répondre à ces questions, La Libre a interrogé les historiens Pierre Gonneau, professeur à Sorbonne Université, et Nicolas Badalassi, professeur à Sciences Po Aix.
Pour Pierre Gonne...
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