Le loup a sa place dans nos campagnes

Contribution externe - LaLibre - 22/07
Dans nos sociétés, le loup est devenu, à son corps défendant, un animal politique. Vouloir tout régler par l'éradication du loup, c'est faire l'insulte...

Une opinion de Jérôme Crépin, historien et naturaliste, spécialiste du loup

Voilà une espèce qui charrie bien des représentations, des idées reçues et ce, autant chez les partisans (lycophiles) que chez les opposants (lycophobes). Dans nos sociétés si (trop ?) clivées, le loup, de son appellation scientifique Canis lupus, est devenu, à son corps défendant, un animal politique. Quiconque l'étudie sur le terrain ne peut qu'être frappé par le fossé qui existe entre les représentations (le loup culturel) et la réalité (le loup réel, celui du quotidien, l'espèce dans sa biologie et son éthologie).

Le loup n'a pas sa place dans nos campagnes

Justifier le refoulement, l'éradication du grand prédateur au nom d'un passé mythifié d'opposition à Canis lupus ne résiste pas à l'analyse des sources historiques. Tout d'abord, il faut toujours interroger un phénomène à la lumière d'un contexte. Au siècle industriel, le triomphe de la raison, de la science, le besoin en ressources naturelles (bois, charbon,…), l'emprise des activités humaines sur les milieux naturels, le poids des croyances ont eu pour conséquence d'accélérer la disparition du loup mais aussi de beaucoup d'autres espèces : la loutre, le grand corbeau, le castor, les rapaces, le chat forestier,… L'opinion publi...
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