Bédéiste, auteur, illustrateur et réalisateur de films d’animation, Jérémie Nsingi, cet autodidacte dans l’art a bâti son parcours à force de travail, de persévérance et de rencontres décisives. Dans un entretien accordé à ACTUALITE.CD, il revient sur son itinéraire, ses influences et sa vision d’une bande dessinée profondément ancrée dans les réalités congolaises.
Bien avant d’en faire un métier, Jérémie Nsingi noircissait déjà des feuilles comme beaucoup d’enfants. À la maison, pourtant, l’avenir semblait déjà tout tracé : son père rêvait de le voir embrasser une carrière de médecin. Mais un concours interscolaire consacré aux droits de l’homme a réussi à bouleverser cette trajectoire.
Quelques mois plus tard, il obtient deux contrats de taille, le premier consistant à réaliser une bande dessinée sur les piliers de la démocratie et les vertus de la tolérance pour une ONG travaillant avec l’ambassade des États-Unis. Le second porte sur l’illustration d’une brochure de sensibilisation au VIH/sida dans le cadre d’un projet soutenu par l’ambassade du Canada. Les deux marchés sont suffisamment rémunérateurs pour lui faire comprendre qu’il peut vivre de son art.
« Je me suis imposé face à la volonté de mon père d’aller en médecine. Je me suis dit que je pouvais gagner ma vie avec le dessin et j’ai décidé de travailler dur pour améliorer mon talent. Aujourd’hui, c’est exactement ce que je vis », confie-t-il.
Jérémie Nsingi ne passera finalement ni par la faculté de médecine ni par l’Académie des Beaux-Arts. Il choisit la voie de l’autodidaxie, convaincu que le travail et la discipline lui permettront de progresser.
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