Conflit États-Unis-Iran : enlisement ou impuissance ? 'La logique d’escalade a clairement repris le dessus' - RTBF Actus

Marie Vancutsem - RTBF - 20/07
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran n’a jamais été vraiment accompagné d’un accord politique,...

Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran n’a jamais été vraiment accompagné d’un accord politique, rappelle Michel Liégeois, professeur en relations internationales à l’UCLouvain. Celui-ci devait encore être construit. Par ailleurs, si la trêve s’est effondrée, c’est "parce que les deux camps estiment que l’autre l’a violée". Chaque camp présente la reprise du conflit comme de la légitime défense.

"Il est clair que la perspective n’est pas positive parce que la logique d’escalade a clairement repris le dessus", insiste le professeur en relations internationales. Par ailleurs, "on voit bien que les enjeux dépassent largement le face-à-face entre les États-Unis et l’Iran, puisqu’il implique les États de la région." Ce regain d’intensité dans les attaques de part et d’autre s’explique, nous dit l’expert, car "chacun, ne raisonne pas tellement en termes d’intérêt à long terme, mais plutôt en termes de crédibilité à court terme."

Le double levier iranien

Les acteurs du conflit, explique le spécialiste, préfèrent répondre de façon martiale et montrer qu’ils ne restent pas passifs face aux attaques, "plutôt que raisonner à plus long terme, en essayant de préserver les conditions pour la poursuite des discussions qui avaient été engagées sur les dossiers de fond."

Le conflit était déjà régionalisé avant les attaques de ces derniers jours. L’Iran a rapidement compris qu’il disposait d’un double levier, note Michel Liégeois. Il cite le détroit d’Ormuz, "qui est le plus efficace" et qui est affecte l’économie en général et l’Europe et l’Asie surtout. Et puis, dit-il, il y a ces frappes asymétriques avec des drones, des missiles, contre des bases et intérêts américains, mais aussi contre les alliés des États-Unis dans la région. Cette régionalisation du conflit n’est donc pas nouvelle.

Michel Liégeois rappelle aussi la guerre au Liban, que l’on pouvait dès le départ identifier comme le talon d’Achille du projet d’accord entre l’Iran et les É...
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