1876. Il y a 150 ans. Georges Sand s’éteignait dans sa maison de Nohant. Une romancière, une pionnière, une femme dans un monde d’hommes dont on célèbre enfin à leur juste valeur l’œuvre et la mémoire aujourd’hui. La même année, de l’autre côté de l’Atlantique, naissait une autre icône de la littérature, un colosse aux pieds d’argiles qui a incarné à lui seul, dans ses splendeurs comme dans ses misères, le « self-made man » américain. Un homme parti de rien, né dans les bas-fonds et la crasse, qui deviendra l’un des premiers auteurs de son pays à vivre de sa plume. Le tout grâce à des aventures littéraires hors normes et des livres tantôt engagés, tantôt oniriques, tantôt cruels, considérés comme des classiques de tous les âges. Au fil d’une vie follement romanesque et à l’aide des nombreuses rééditions que nous a offertes cette année anniversaire, plongée au cœur du mythe Jack London.
Enfant illégitime, né dans les faubourgs de San Francisco d’une mère à la constitution fragile, pauvre comme Job, et d’un père inconnu, Jack London est très vite confronté à la misère. Livré à lui-même, obligé de se débrouiller pour survivre, son enfance et son adolescence constituent une symphonie de la débrouille grandiose. À 17 ans, il a déjà été vigile du port d’Oakland, vendeur de journaux, ramasseur de quilles dans les bowlings, ouvrier dans une conserverie de saumon où il s’épuise entre 12 et 18 heures par jour, et même prince des pilleurs d’huîtres.
C’est là qu’il forge sa passion pour l’océan. C’est là aussi qu’il fait connaissance avec l’alcool, compagnon de route qui ne ...
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