Mardi 14 juillet, 23 heures. Le match est terminé. Les réactions, elles, ne font que commencer. Quelques instants plus tôt, plus de 20 millions de Français avaient les yeux rivés sur la demi-finale de Coupe du monde entre la France et l'Espagne. Au coup de sifflet final, les Bleus s'inclinent. Dans les bars, les salons et sur les terrasses, les émotions débordent : certains explosent contre l'arbitre, d'autres accablent les joueurs, quelques-uns se murent dans le silence, tandis que d'autres préfèrent en rire, jurant qu'ils soutenaient l'Espagne depuis le début. À première vue, ces réactions ne parlent que de football. Elles disent pourtant bien davantage : notre manière d'encaisser une défaite, de composer avec la frustration et de faire face à ce qui nous échappe.
Perdre un match auquel on était émotionnellement attaché active un mécanisme psychologique bien connu : l'écart entre ce que l'on espérait et ce qui se produit rée...
[Courte citation de 8% de l'article original]