Vous alertez sur la situation financière de la fondation Gabriel Péri. Pourquoi ?
Guillaume Roubaud-Quashie
Président de la Fondation Gabriel Péri
L’histoire des fondations politiques est très inégalement connue, en France. Il est sans doute utile de rappeler le point de départ.
La Fondation Gabriel-Péri, comme la plupart des fondations politiques, a été créée à la suite du 21 avril 2002. La qualification de l’extrême droite pour le second tour de l’élection présidentielle a provoqué un choc considérable. À l’époque, l’idée s’est imposée qu’il fallait favoriser un débat politique mieux informé, nourri d’études, de travaux. Le modèle des fondations est né dans l’Allemagne de l’après-guerre comme outil de dénazification.
Chez nos voisins – « modèle allemand » décidément suivi de manière très variable –, les fondations ont d’emblée disposé de moyens considérables et c’est toujours le cas aujourd’hui. En France, on a donné des moyens bien plus limités à ces structures tardivement créées mais cela permettait quand même d’engager des travaux ayant une certaine ampleur.
En ce qui concerne la Fondation Gabriel-Péri, je ne prends que deux exemples : l’appui massif à la numérisation des archives du communisme français en coopération avec la Maison des sciences de l’homme de Dijon a permis la constitution d’un portail sans équivalent pour aucune formation politique et le soutien décisif au lancement de la Grande édition Marx Engels en français (GEME), vaste entreprise de traduction et d’édition critique.
Toujours est-il que ces subvent...
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