"On est mieux là que serrés comme des sardines sur la plage de Saint-Jean-de-Luz !" Jean-Pierre, béret noir couvrant un bon vivant, a la voix qui gronde avec humour. En cette mi-mars, le retraité, "ex-charpentier", chambre ses trois compères venus visiter la région. Histoire de leur faire voir autre chose que les coins à touristes de la côte, il les a emmenés ripailler à la Venta Yasola, "l’endroit des joncs" en basque. Posée sur la frontière espagnole, à 400 m d’altitude près du col de Subizia, cette petite auberge bardée de planches sombres n’est accessible qu’à pied, après une bonne heure de marche depuis Olhette, un quartier d’Urrugne.
C’est l’une des multiples façons d’arpenter le massif de la Rhune, et d’aborder, si on se sent en jambes, son sommet éponyme tout proche. Avec sa silhouette en aileron de requin qui toise les bleus mouvants du golfe de Gascogne, l’auguste montagne est pour les Basques bien plus qu’un point de repère, une vigie familière et protectrice. Chaque année, elle attire à elle une marée de visiteurs, la plupart montant là-haut en douceur grâce à un train à crémaillère, d’autres tentant l’ascension à pied, via la voie d’Ascain, un itinéraire très fréquenté en été. Plutôt que de nous attaquer directement à ce monument, nous avons décidé de nous promener alentour. Ça tombe bien, le massif de la Rhune compte, outre la voie d’accès principale à son sommet, une vingtaine de sentiers de petite et grande randonnée serpentant dans des paysages de moyenne montagne typiques de l’arrière-pays basque. De quoi prendre la mesure de cette icône locale, avant, peut-être, de tenter d’aller voir tout là-haut....
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