Incendie sous les eaux d’Ormuz… Scénarios d’escalade et banque de buts entre Washington et Téhéran

أحمد حافظ - Aljazeera - 09/07
Washington et Téhéran sont au bord d’une nouvelle guerre, et il n’y a plus de distance entre la menace et la mise en œuvre. Ce rapport révèle des scénarios d'escalade à Ormuz et dans la banque cible potentielle, et remet en question l'entrée de l'OTAN et l'axe de résistance en première ligne.

Il n’y a plus de distance entre la menace et la mise en œuvre. Tandis que Washington menace que chaque prochaine balle iranienne sera 20 fois plus touchée et déclare que le protocole d’accord qui a mis fin à la guerre est « terminé ». Les Gardiens de la révolution répondent que « toute agression répétée élargira nos réponses écrasantes pour l’inclure », rejetant tout rôle américain ou « atlantique » dans la gestion du détroit.

C’est une escalade de déclarations qui n’est pas moins brûlante que les flammes qui brûlent depuis deux jours autour du détroit d’Ormuz, et derrière cet échange de paroles et d’actes, les lectures se croisent et divergent : qui voit que les frappes actuelles ne sont que le prélude à une frappe douloureuse qui obligera Téhéran à se conformer pleinement au Mémorandum d’accord et à faire pression sur lui pour améliorer les termes des négociations futures. Quiconque croit que ce qui se passe n’est qu’un « symptôme » d’un conflit plus profond et dont les objectifs dépassent la vision immédiate du cours de l’escalade.

Les deux camps ont une définition complètement opposée du concept même de « victoire » :

  • Washington n’accepte rien de moins qu’un respect total.
  • Téhéran n’exige rien de plus de ce cycle que la « fermeté ».

Entre les deux lectures se dessine le tableau d’une guerre qui peut prendre le caractère d’affrontements fragmentés entrecoupés de trêves fragiles plutôt que celui d’une résolution rapide.

Si la portée de la confrontation s’élargit, la banque d’objectifs elle-même risque de s’élargir. Des casernes et des plates-formes de missiles à ce qui est décrit comme « l’innocence » de l’économie iranienne représentée par les installations énergétiques, les ports et les lignes d’approvisionnement, il s’agit d’une stratégie qui cherche à resserrer l’emprise sur la capacité de résistance du régime, et pas seulement à l’épuisement.

Les deux parties vont-elles reconsidérer leurs calculs en vue d’une frappe décisive qui mettrait fin au cycle et relancerait le mémorandum d’accord pour améliorer les négociations stratégiques, ou la région s’ouvrirait-elle à une attrition prolongée que personne ne parviendra à résoudre ? L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’Axe de la Résistance iranienne resteront-ils en marge de la scène, ou deviendront-ils deux acteurs actifs dans une équation qui n’est pas...
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