Après 250 ans, qui rendra l’Amérique à Dieu ?

عزة كرم - Aljazeera - 08/07
La force et l’influence du christianisme aux États-Unis découlent du service moral et de la solidarité avec le peuple, et non de la domination. Les religions prospèrent lorsqu’elles soutiennent la démocratie, protègent la dignité humaine et rejettent l’autorité et la partisanerie.

Les nations, comme les individus, franchissent parfois des étapes qui appellent non seulement une célébration mais aussi un examen de conscience.

Alors que les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, les Américains réfléchissent aux idéaux qui ont façonné la république et aux institutions qui l’ont préservée.

Aucun n’a eu une influence plus durable que le christianisme. Cependant, la question ne se limite plus à savoir comment le christianisme façonnera l’Amérique. La question la plus pressante est la suivante : quel type de christianisme façonnera l’Amérique au cours des 250 prochaines années ?

À son meilleur, le christianisme a amélioré l’expérience américaine en inculquant la responsabilité civique, en défendant la dignité humaine et en inspirant la réforme sociale. Dans le pire des cas, elle a donné une légitimité religieuse à l’exclusion, aux inégalités et à la poursuite de la domination politique.

L'Église qui a contribué à construire l'Amérique

L’histoire du christianisme en Amérique n’est ni une histoire de triomphe soutenu ni de déclin inévitable, mais plutôt une histoire de tension constante entre l’autorité morale et l’autorité politique, entre une foi qui cherche à transformer la société par le service et une foi qui tend à la façonner par l’autorité.

À son meilleur, le christianisme a amélioré l’expérience américaine en inculquant la responsabilité civique, en défendant la dignité humaine et en inspirant la réforme sociale.

Dans le pire des cas, elle a donné une légitimité religieuse à l’exclusion, aux inégalités et à la poursuite de la domination politique.

Stephen Nichols nous rappelle que le christianisme n'est pas arrivé en Amérique comme une seule tradition, mais comme une mosaïque de communautés ; Les puritains, les anglicans, les quakers, les baptistes, les presbytériens, les catholiques et de nombreux autres groupes ont apporté à la société des convictions théologiques distinctes et des visions concurrentes.

Dès ses débuts, le christianisme américain était donc multiforme plutôt que monolithique. Il n'y a jamais eu une seule Église américaine, mais plusieurs, chacune contribuant de différentes manières à la vie religieuse et civique de la nation, et cette diversité est devenue l'une des plus grandes forces de l'Amérique.

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Contrairement à la plupart des pays d’Europe – où les églises étaient étroitement liées aux monarchies établies – les États-Unis ont grandi dans un cadre constitutionnel qui interdisait l’établissement d’une religion nationale tout en protégeant simultanément la liberté d’exercer sa foi.

Cela a créé un paysage religieux inhabituellement dynamique, dans lequel les sectes ont prospéré, les associations bénévoles se sont multipliées et les institutions religieuses se sont profondément enracinées dans la société civile.

Contrairement à la plupart des pays européens, où les églises étaient étroitement liées aux monarchies établies, les États-Unis ont grandi dans un cadre constitutionnel qui interdisait l'établissement d'une religion nationale tout en protégeant simultanément la liberté d'exercer sa foi.

Les églises ont créé des écoles, des universités, des hôpitaux et des œuvres caritatives, et organisé des mouvements anti-esclavagistes, des campagnes d'alphabétisation, des orphelinats et des associations communautaires.

Pour des générations d’immigrants, les groupes religieux ont fourni non seulement une orientation spirituelle, mais aussi une éducation, un sentiment d’appartenance et un soutien pratique.

Ce faisant, il a inculqué des habitudes de volontariat, d’engagement civique et de leadership local qui ont contribué à renforcer la vie démocratique.

Cependant, ce n’est qu’une partie de l’histoire. Les mêmes Églises qui professaient un engagement en faveur de la dignité de chaque être humain ne parvenaient souvent pas à incarner cette conviction de manière cohérente. Les chrétiens ont adopté des positions opposées sur les questions d'esclavage, de ségrégation, d'immigration et de droits civils.

La Bible a été citée à la fois pour défendre l’injustice et pour la démanteler, de sorte que l’autorité morale du christianisme n’a jamais été fondée uniquement sur ses doctrines, mais sur l’intégrité avec laquelle ces doctrines ...
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