Fable, Mythos, GPT-5.6 : l’Europe à la merci d’un kill switch américain ?

Blog Du Moderateur - 07/07
Fable coupée aux Européens, GPT-5.6 réservé à des partenaires validés par Washington : les États-Unis entendent bien démontrer leur emprise sur l'IA mondiale. Analyse avec Bernard Benhamou, expert de la souveraineté numérique.
Sommaire
  1. Le risque d’un kill switch américain
  2. Maison-Blanche : petits arrangements entre amis
  3. « Tant que nous n’aurons pas des géants, nous serons en risque »

Au début du mois, les États-Unis ont célébré leurs 250 ans d’existence. En un quart de millénaire, le jeune pays a pris la tête de presque tous les fronts technologiques, de l’informatique au logiciel, en passant par le cloud et, bien sûr, l’intelligence artificielle. Mais en août 2025, le pays de l’Oncle Sam a franchi un cap que même les startups les plus disruptives de la Silicon Valley n’osaient imaginer : le voyage dans le temps.

Nicolas Guillou fait partie des quelques privilégiés à avoir pu expérimenter cette dernière innovation. Depuis un an, le magistrat à la Cour pénale internationale ne peut accéder à la plupart des services en ligne. Airbnb, Uber, Booking et presque l’ensemble des solutions de paiement dématérialisées lui ont été bloqués. « Cela revient à vivre comme dans les années 1990 », relatait à Ouest-France le juge, qui a pu compter sur la reformation d’Oasis pour parfaire son immersion. Nicolas Guillou et les autres magistrats de la CPI sont ainsi soumis au même traitement que « les terroristes, gros trafiquants de drogues internationaux et oligarques de régimes autoritaires ». Ils ne sont pourtant coupables de rien, si ce n’est d’avoir émis, conformément au Statut de Rome, des mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense.

Outre la dimension arbitraire de cette décision, c’est l’ampleur de ses conséquences qui est vertigineuse. « Avec ces sanctions, on remonte dans le temps. On vit avant la digitalisation de nos vies. On revient à payer avec des espèces, tout acheter en magasin. On est sur un retour en arrière », témoignait Nicolas Guillou au micro d’Arte. Voilà ce dont sont capables les États-Unis : empêcher, en un claquement de doigts, une poignée d’individus de réserver un hôtel, d’accéder aux réseaux sociaux ou de recevoir un colis. Peuvent-ils user de ce levier à plus grande échelle ?

En ...
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