Pourquoi l'été sera infernal pour les paysans français - L'Humanité

Humanite - 06/07
Neuf ans après l’arrivée du président Macron à l’Élysée, notre filière agricole est passée d’un excédent de 7,8 milliards d’euros en 2017 à un déficit de 0,8 milliard e...

Avant même le début de l’été, il était déjà acquis que 2026 serait une année de forte chute de revenu des paysans français. Le 16 juin, la tonne de blé tendre, rendue au port de Rouen pour l’exportation, cotait 183 € contre 220 € en juin 2024, après avoir dépassé 300 € au début de l’année 2023. Toujours le 16 juin, le broutard de race charolaise, dont beaucoup sont exportés vivants vers dix mois en Espagne et en Italie pour y être engraissés, cotait 5,55 € le kilo vif contre une moyenne de 6,45 € de janvier à mars.

La vache de réforme charolaise engraissée pour la boucherie en France cotait 7,10 € le kilo de carcasse, contre une moyenne de 7,50 € entre janvier et mars. Toujours en juin, le kilo de carcasse du porc charcutier cotait 1,46 € sur le marché au cadran de Plérin, contre 1,90 € en juin 2025 et 2,10 € en juin 2 024.

Pour analyser les causes de la baisse du prix des viandes bovines et porcines payées aux éleveurs, Cassandre Matras, chargée d’études économiques à l’Institut de l’élevage, avançait les explications suivantes dans La France Agricole du 19 juin : « Les concessions cumulées accordées (aux pays tiers par l’Union européenne, N.D.L.R.) dans le cadre des accords de libre-échange représentent, une fois l’ensemble de ces accords pleinement appliqués, près de 500 000 tonnes équivalent carcasse de contingents à droits réduits ou nuls au sein de l’union européenne.

Or près de la moitié de ces volumes provient des nouveaux accords de libre-échange (notamment avec le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Mercosur et l’Australie). Ces accords récents représe...
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