Stopper les pénuries : faire du médicament un bien commun - L'Humanité

Humanite - 01/07

Le médicament est un bien essentiel au droit à la santé, droit fondamental figurant dans la Constitution de 1958. Il est donc de la responsabilité de l’État d’assurer l’accès aux soins de santé à toute la population. Et, face aux choix du secteur pharmaceutique, d’intervenir pour que cet objectif soit atteint.

Préserver sa santé : un parcours du combattant

73 % des personnes interrogées1 indiquent avoir renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, pour des raisons soit d’ordre logistique (délais, distance à parcourir), soit d’ordre financier pour 40 % d’entre elles. Les jeunes adultes sont les plus impactés : 85 % des moins de 35 ans.

Les pénuries de médicaments sont récurrentes et de plus en plus nombreuses : 5 000 en 2025, cinq fois plus qu’en 2018. Elles concernent toutes les classes thérapeutiques : antibiotiques, anti-cancéreux, antidépresseurs, neuroleptiques.

En 2024, 39 % des Français ont déclaré y avoir été confrontés, 35 % ne pas avoir disposé de solutions alternatives2. Les professionnels de santé attestent des effets délétères de ces ruptures d’approvisionnement pour les malades.

Sur le même thème

Les médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro seront remboursés dès lundi en France

Les multiples causes des pénuries

La principale est la financiarisation du secteur pharmaceutique, qui implique une logique de rendement au détriment des impératifs de santé publique. Les laboratoires se détournent de la production des médicaments essentiels, de moindre rentabilité, la plupart n’étant plus protégés par les brevets qui confèrent aux titulaires le monopole d’exploitation.

Ils se consacrent aux innovations thérapeutiques, pour lesquelles ils exigent des prix exorbitants. Ils menacent, si les prix ne sont pas libérés des contraintes...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...