Une information préoccupante concernant Mayotte a été relayée lundi soir par l’ensemble des médias nationaux, sans qu’elle ne suscite le moindre commentaire sur le territoire. Pourtant, elle mérite toute l’attention, tant sur les plans diplomatique, sécuritaire, religieux, sociétal, social, culturel que juridique.
En effet, plusieurs chaînes de télévision ont rendu compte du jugement par contumace (en l’absence physique des personnes concernées) de deux Français originaires de Mayotte, dans le cadre d’un réseau de recrutement de djihadistes à destination de la Syrie, au départ du département de La Réunion.
Si l’identité des deux prévenus n’a, pour l’instant, pas été révélée au public, les faits qui leur sont reprochés sont suffisamment graves, notamment au regard de l’image de l’île, de ses habitants et de ses traditions, pour susciter une vive inquiétude sur l’ensemble du territoire, en particulier au sein du clergé musulman.
« C’est à n’y rien comprendre », confie Abdoulhamid Mouhamimadi, foundi (enseignant) dans une école coranique de l’agglomération de Mamoudzou.
« Avec vingt-quatre heures de recul, je dirais que cette séquence diffusée au journal télévisé du soir en métropole était d’une telle gravité qu’elle n’appelait aucun commentaire immédiat de la part des responsables religieux, en général, et des...
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