Jordan Bardella et l'Europe : le national-populisme sans Viktor Orban, par Blanche Leridon

Par Blanche Leridon*Publié le 28/06/2026 à 12:00 - L'Express - 28/06
Distance affichée avec Moscou, gages au couple franco-allemand : depuis la défaite de Viktor Orban, Jordan Bardella peaufine sa stature présidentielle. Mais sous le vernis policé, les fondamentaux orbaniens persistent, observe la directrice des études France de l'Institut Montaigne.

Démarrons notre itinéraire dans une capitale où le président du RN ne se rendra pas : Budapest. Le 12 avril, Viktor Orban était largement battu lors des élections législatives hongroises, défaite si massive qu’elle ne pouvait souffrir d’aucune contestation. Au-delà des répercussions nationales de cette déroute électorale, nous phosphorions alors sur l’avenir du mouvement qu’incarnait Orban au niveau européen : le national-populisme. Il en était à la fois le bâtisseur et la figure de proue, poussant à son paroxysme un style qui était aussi devenu une pratique du pouvoir.

Le 12 avril au soir, on déclarait la mouvance nationale-populiste orpheline ; privée de son chef tout-puissant, qu’allait-elle devenir ? L’homme le plus ouvertement hostile à Bruxelles et ses politiques migratoires et environnementales, l’homme qui affichait une volonté farouche de réformer l’Europe de l’intérieur, celui qui rêvait de faire travailler ensemble Marine Le Pen et Giorgia Meloni… Qu’allait-on faire sans cet homme-là ? Quel avenir pour ses idées, sa méthode, ses partenaires, une fois le patriarche déchu du piédestal qu’il occupait depuis seize ans ?

LIRE AUSSI : Ce que la chute de Viktor Orban va changer pour l’Europe

Un encombrant "pater familias"

L’évolution...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...