À Mayotte, 44 % des mineurs vivent dans des logements en tôle - Mayotte Hebdo

Amélie Constant - Mayotte Hebdo - 22/06
Avant le passage du cyclone Chido, les conditions de logement à Mayotte restaient marquées par une précarité massive, selon la nouvelle enquête Logement de l’Insee, présentée ce jeudi 18 juin. Réalisée entre septembre 2023 et juillet 2024, cette étude, la deuxième menée dans le département après celle de 2013, dresse…

Avant le passage du cyclone Chido, les conditions de logement à Mayotte restaient marquées par une précarité massive, selon la nouvelle enquête Logement de l’Insee, présentée ce jeudi 18 juin. Réalisée entre septembre 2023 et juillet 2024, cette étude, la deuxième menée dans le département après celle de 2013, dresse un constat de stabilité inquiétante : près de trente ans après 1997, la part de logements en dur n’a quasiment pas progressé.

« C’est une enquête très structurante », rappelle Atubou Antoy, chef du service régional de l’Insee à Mayotte. Menée avant le cyclone Chido, elle ne mesure donc pas les destructions ou dégradations provoquées par l’événement de décembre 2024. Mais pour l’Insee, les résultats restent indispensables pour comprendre la situation de départ. « On va attendre le recensement, mais on n’a pas la sensation que ces chiffres soient complètement caduques », avance Jamel Mekkaoui.

Le premier enseignement est lourd : la fragilité du bâti demeure. En 1997, 65 % des logements étaient en dur. Début 2024, cette part atteint 64 %. À l’inverse, l’habitat fragile représente encore 36 % du parc, composé presque entièrement de maisons en tôle. « Mayotte se singularise par des difficultés liées aux logements plus importantes qu’ailleurs », souligne Jamel Mekkaoui.

Cette précarité touche d’abord les ménages les plus pauvres. Dans les logements en tôle, seuls 11 % des adultes se déclarent en emploi. Les trois quarts des habitants n’ont aucun diplôme. Et si 57 % des résidents de ces logements sont nés en France, cela s’explique surtout par la présence d’enfants nés à Mayotte. Chez les adultes vivant dans l’habitat précaire, 76 % sont nés à l’étranger, tandis que 83 % des mineurs sont nés à Mayotte.

Les enfants apparaissent ainsi comme les premières victimes de cette précarité. À Mayotte, où les mineurs représentent la moitié de la population, leurs conditions de logement sont plus défavorables que celles des adultes. Selon l’Insee, 44 % des mineurs ...
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