LinLin, JeanJass… Notre sélection musique du mois de juin pour bien lancer l’été - L'Humanité

Humanite - 19/06
Une rappeuse qui a les crocs, un producteur et rappeur belge dont l’art ne finit pas de murir et le projet d’un pianiste de jazz qui chante les luttes pour les droits civiques des Noirs...

JeanJass, aux bons souvenirs du rap

Il vieillit bien, comme une bonne bière ou un sample boom bap. Mais JeanJass n’abandonne pas son flegme insolent, celui qui fait claquer ses rimes depuis le milieu des années 2010 avec son compatriote Caballero : « 17 heures, toujours à table, nous brillons comme l’huile d’olive sur la burrata ».

Mais JJ a mûri, est devenu un producteur reconnu en plus d’être rappeur, et surtout un papa poule : « j’prends l’argent des streams j’achète des couches ». L’artiste de Charlouze se confie et soigne l’écriture sur son cinquième solo.

Celui qui fait claquer ses rimes depuis le milieu des années 2010 a mûri, est devenu un producteur reconnu en plus d’être rappeur. © Raegular

Sortis le 22 mai, Les Champs de sacs plastique flottent dans le plus mélancolique des titres de l’album, « le Pays de mon père ». Le Maroc, dont il se rappelle avec la candeur qu’il avait à l’arrière de la 806 pour aller au bled : « Les mobylettes nous entourent comme si on était escortés, quel accueil, on a déjà oublié qu’on s’est fait escroquer, dans le ciel les cigognes par le vent se laissent porter. »

L’ambiance douce est encore plus enfumée par des mélodies lofi qu’il compose avec les talentueux convives que sont H JeuneCrack, Dee Eye ou les Canadiens Mike Shabb et Chilly Gonzales. Tout en citant Casey, R.E.M ou Alain Souchon, et se demandant pourquoi « t’écoutes du rap et tu votes Marine ». On n’oublie pas les bases.

Les champs de sacs plastique, JeanJass, Double Hélice Otoro.

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Elle a les crocs, et quand elle les ouvre, ça part dans tous les sens. Le premier album de LinLin, « Disco inferno », a le nom du morceau des Trammps repris dans « la Fièvre du samedi soir ». Ses premières notes sont celles d’un tube d’Afrika Bambaataa de 1982 (avec « Blacc* »).

Son flow, celui de Nicki Minaj. La voix saturée d’Azealia Banks, l’arrogance de Mylène Farmer, les transitions de The Weeknd… En bref, la jeune femme chante juste un amour passionnel de la musique.

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