Alors que le champ de bataille russe progresse lentement et que la campagne de recrutement faiblit, l’Ukraine prévient que le Kremlin pourrait enfin adopter la mesure à laquelle il a longtemps résisté : une mobilisation forcée.
Selon Kiev, Moscou se prépare à appeler des dizaines de milliers de nouveaux soldats pour compenser ses pertes croissantes sur le champ de bataille.
Mais les analystes estiment que la Russie ne prendrait ce pari qu’en cas d’effondrement imminent de la ligne de front ou de basculement radical vers une économie de guerre – ce qui pourrait signaler des préparatifs visant à pousser le conflit au-delà des frontières de l’Ukraine.
La première vague de « mobilisation partielle » en septembre 2022 a déclenché des protestations et poussé des centaines de milliers de Russes à fuir à l’étranger. Pourtant, le régime a réussi à résister à la tempête.
Aujourd’hui, avec une économie fatiguée par la guerre et une lassitude croissante de la population russe, les retombées d’une deuxième vague pourraient s’avérer bien plus difficiles à contenir.
"Si la Russie déclenche une mobilisation militaire, c'est le signe que le régime est soumis à d'énormes tensions et est politiquement piégé", estime Max Bergmann, analyste au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).
Une mobilisation est un « pari énorme pour (le président russe Vladimir) Poutine, un pari qui pourrait le mettre lui-même et son régime en danger », a déclaré l'expert au Kyiv Independent.
La campagne de recrutement s’essouffleLes efforts déployés par la Russie en 2022 pour mobiliser 300 000 réservistes font suite aux contre-offensives réussies de l'Ukraine dans les oblasts de Kharkiv et de Kherson.
La mobilisation chaotique, la plus importante mobilisation depuis la Seconde Guerre mondiale, a forcé l’opinion...
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